Origine et histoire du Château d'Hodebert
Le château d'Hodebert, situé à Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire), doit son élément central aux travaux de François Brissonnet, qui fit élever le corps de logis actuel sur les vestiges arasés d'une ancienne forteresse creusée dans le coteau. La construction de l'édifice est attribuée à la seconde moitié du XVIe siècle ou au XVIIe siècle, période à laquelle remonte le logis central. Deux séries de pavillons furent ajoutées ensuite, l'une en saillie sur la cour d'honneur, l'autre sur la terrasse postérieure. L'allée qui mène au château longe le coteau et débouche sur une vaste cour d'honneur, bordée au nord par une paroi entièrement parementée et percée de huit baies cintrées, alternant larges et étroites ; ces ouvertures donnent accès à de profondes caves voûtées en berceau creusées dans le tuffeau. Une orangerie a été établie au pied du coteau. La cour des communs est disposée perpendiculairement à l'axe du château et se prolonge par une basse-cour ; divers bâtiments de communs sont implantés en retrait et masqués par un quinconce planté à l'extrémité de la terrasse ouest, où un pavillon de billard occupe l'angle. Le nom du lieu a connu plusieurs graphies au fil des siècles (Hadebert ou Audebert au XVIe siècle, Hosbert à la fin du XVIIIe siècle, Haudbert en 1878), mais il figure déjà en 1834 sur le cadastre napoléonien sous la forme Hodebert, appellation conservée ensuite. La première mention connue date de 1545, lorsque « la veuve Durand » fut assignée à comparaître devant le chapitre de Saint-Martin de Tours. Au début du XVIIe siècle, Hodebert fut le siège de la justice de la Prévôté d'Oë et, le 20 novembre 1620, le poète Honorat de Bueil de Racan y fut traduit pour rendre hommage à son suzerain. En 1650, un acte de baptême cite Henry de Codosny, seigneur d'Hodebert et de Saché, comme parrain ; il était époux de Madeleine Dunoyer, et la famille Dunoyer resta propriétaire jusqu'à la Révolution, sans forcément y résider. Un inventaire de 1762 décrit la demeure comme composée de trois chambres basses et trois chambres hautes, correspondant au corps de logis central, dont la datation précise reste discutée entre la fin du XVIIe siècle et le XVIIIe siècle. L'inventaire de 1793 signale qu'un pavillon se trouvait à chaque extrémité du corps de logis, ce qui indique qu'ils furent édifiés après 1762, et décrit aussi des caves utilisées comme pressoir, boulangerie et bûcher, un « toit à porcs », des écuries pour chevaux et vaches et une grange. En 1794, Alexandre Gouïn acquit Hodebert, puis le vendit le 30 décembre 1808 à Louis‑François de Sarcé ; la famille de Sarcé demeura propriétaire au XIXe siècle. D'autres pavillons implantés aux extrémités du bâtiment, dont l'apparence évoque le XVIIIe siècle mais au style plus sec, peuvent dater du début du XIXe siècle. Le cadastre de 1834 montre déjà, au sud‑ouest, un bâtiment à un étage utilisé comme bibliothèque et, à l'ouest, une remise à voitures, attestant leur existence avant cette date. Les registres cadastraux signalent la construction des écuries en 1872, celle de l'orangerie en 1875, l'installation de serres en contrebas et une importante construction en 1879 pouvant correspondre au porche couvert à l'angle nord du château. En 1890, Eugène de Sarcé légua Hodebert à Robert Roullet de La Bouillerie ; ses descendants en sont toujours propriétaires. Le parc est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 25 septembre 1944 et le château fait l'objet d'une inscription depuis le 26 octobre 2009. Le 26 mai 2018, un incendie provoqué par la foudre endommagea le pigeonnier. Le site a par ailleurs servi de décor au téléfilm La Loi de Julien — Le Bon Fils et a représenté le château de Nohant dans la série La Rebelle.