Frise chronologique
1235
Conflit avec Cluny
Conflit avec Cluny
1235 (≈ 1235)
L’abbaye interdit la construction au comte de Mâcon.
1368 (25 mai)
Hommage féodal
Hommage féodal
1368 (25 mai) (≈ 1368)
Geoffroy de Lugny avoue tenir Igé de Cluny.
1443
Partage seigneurial
Partage seigneurial
1443 (≈ 1443)
Jean et André de Lugny divisent château et revenus.
1789
Jacquerie locale
Jacquerie locale
1789 (≈ 1789)
Pillage par les villageois pendant la Grande Peur.
1869
Démolition partielle
Démolition partielle
1869 (≈ 1869)
Parc détruit, bâtiments abaissés après vente.
2014
Acquisition par Georges Blanc
Acquisition par Georges Blanc
2014 (≈ 2014)
Rénovation complète avant fermeture en 2023.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Geoffroy de Lugny - Seigneur d’Igé (XIVe siècle) |
Rend hommage à Cluny en 1368. |
| Antoine de Lugny - Dernier Lugny à Igé (XVIe) |
Cède le fief aux Maugiron par mariage. |
| François Charles Albert de La Bletonnière - Seigneur en 1789 |
Chassé lors de la jacquerie locale. |
| Claude Pain - Meneur de la révolte |
Pendu pour le pillage du château. |
| Georges Blanc - Propriétaire (depuis 2014) |
Rénove le château avant fermeture. |
Origine et histoire
Le château d'Igé, implanté au nord du village d’Igé en Saône-et-Loire, trouve ses origines dans un conflit documenté dès 1235 : l’abbaye de Cluny s’oppose alors à la construction d’une maison forte par le comte de Mâcon, revendiquant des droits sur le terrain. Ce site stratégique, entouré de fossés et flanqué de tours rondes, évolue au fil des siècles en un quadrilatère fortifié, dont il ne subsiste aujourd’hui que la partie sud avec trois tours circulaires et des vestiges du flanc nord. Les archives révèlent son rôle de siège seigneurial pour trois lignées successives : les Lugny (XIIIe–XVIe siècles), les Maugiron, puis les La Bletonnière, ces derniers étant chassés en 1789 lors d’une jacquerie locale, la Grande Peur en Mâconnais, déclenchée par des tensions autour de l’accès à l’eau.
Au XIXe siècle, le château subit des démolitions partielles (1869) et la destruction de son parc, comme en témoigne un dessin de 1847 décrivant une propriété appartenant à Mme de Morangis. Divisé et vendu en lots en 1860, il perd ses douves et une partie de ses bâtiments. Au XXe siècle, des restaurations successives (1972, années 1990, 2000) le transforment en hôtel de charme, avant son acquisition par le groupe Georges Blanc en 2014. Le site, aujourd’hui fermé (depuis 2023), conserve un parc ensauvagé de quatre hectares, avec source, roseraie et arbres centenaires, héritage de ses métamorphoses entre forteresse médiévale, demeure seigneuriale et établissement hôtelier.
L’histoire du château est marquée par des actes juridiques précoces, comme l’hommage rendu en 1368 par Geoffroy de Lugny à l’abbaye de Cluny pour sa domus fortem, ou les partages féodaux du XVe siècle entre les coseigneurs Jean et André de Lugny. Les tensions sociales culminent en 1789, lorsque les villageois, menés par Claude Pain (exécuté pour son rôle dans le pillage), saccagent le château en représailles aux abus seigneuriaux. Les transformations architecturales reflètent ces bouleversements : comblement des fossés, abaissement des bâtiments, et reconstructions modernes visant à allier patrimoine médiéval et confort contemporain.