Frise chronologique
1895–1897
Construction du château
Construction du château
1895–1897 (≈ 1896)
Pour le baron de l’Espée, avec orgue Cavaillé-Coll.
1903
Démontage de l’orgue
Démontage de l’orgue
1903 (≈ 1903)
Transféré à Montmartre, remplacé en 1906.
1911
Vente à P.-B. Gheusi
Vente à P.-B. Gheusi
1911 (≈ 1911)
Devenu hôpital pendant la Première Guerre.
1923
Morcellement du domaine
Morcellement du domaine
1923 (≈ 1923)
Fabriques détruites, parc réduit.
1959–1986
Ère hôtelière (Massiaux)
Ère hôtelière (Massiaux)
1959–1986 (≈ 1973)
Relais & Châteaux, chapelle traditionaliste.
1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1990 (≈ 1990)
Protection des façades, toiture, escalier.
2014
Rachat par Bruno Ledoux
Rachat par Bruno Ledoux
2014 (≈ 2014)
Projet hôtelier avec Ora-Ito en suspens.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; salle d'orgue ; grand escalier (cad. AX 96, 103) : inscription par arrêté du 30 mai 1990
Personnages clés
| Albert de l’Espée - Baron, commanditaire |
Héritier de Wendel, fit bâtir le château. |
| Gustave Huguenin - Architecte |
Conçut le château et son parc. |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues |
Créa l’orgue monumental initial. |
| René et Jeanne Massiaux - Propriétaires (1959–1986) |
Transformèrent le château en hôtel. |
| Marcel Lefebvre - Archevêque traditionaliste |
Célébra une messe en 1980. |
| Bruno Ledoux - Acheteur (2014) |
Projet hôtelier contemporain inabouti. |
Origine et histoire
Le château d’Ilbarritz fut construit entre 1895 et 1897 par l’architecte Gustave Huguenin pour le baron Albert de l’Espée, héritier des fonderies de Wendel. Ce dernier, marqué par une bronchite juvénile, y cherchait un climat propice à sa santé, tout en y installant le plus grand orgue privé jamais conçu par Cavaillé-Coll. Le domaine, ultra-moderne pour l’époque (électricité, climatisation, téléphone), comprenait un parc avec fabriques (pavillon chinois, chenils, cuisines) reliées par des chemins couverts. L’orgue, démonté en 1903, fut remplacé en 1906 par un modèle Mutin, aujourd’hui en Espagne.
Vendu en 1911 à P.-B. Gheusi, le château devint un hôpital pendant la Première Guerre mondiale, puis fut morcelé en 1923. Un projet de casino (La Roseraie) échoua lors de son inauguration, et la crise de 1929 enterra une luxueuse cité prévue par Biarritz. Occupé par les Allemands en 1940, puis transformé en annexe de ferme, il fut partiellement restauré en 1958. Les Massiaux, propriétaires à partir de 1959, le convertirent en hôtel Relais & Châteaux, ajoutant une rotonde panoramique et une chapelle où Lefebvre célébra une messe en 1980.
Classé Monument Historique en 1990 (toiture, façades, salle d’orgue, escalier), le château changea plusieurs fois de mains. En 2014, Bruno Ledoux, actionnaire de Libération, l’acheta pour un projet hôtelier avec spa et œuvres contemporaines, conçu avec Ora-Ito. Malgré des doutes sur sa faisabilité, le site reste un témoignage architectural unique, mêlant modernité technique du XIXe siècle et éclectisme stylistique.
Le château, bâti sur la colline de Handia, domine l’océan et se distingue par sa structure indestructible : marbres, bois nobles, et toiture solidaire grâce à des piliers en fonte. Le baron exigea une armature capable de protéger l’orgue Cavaillé-Coll, symbole de son ambition. Aujourd’hui, seul un bâtiment des anciennes cuisines subsiste, occupé par la boîte de nuit Blue Cargo.
Les dégradations successives (abandon, pillages, transformations) contrastent avec son faste originel. Le parc, autrefois orné de fabriques pittoresques, a presque entièrement disparu. Les projets contemporains peinent à concilier préservation patrimoniale et ambitions touristiques, illustrant les défis de la réhabilitation des monuments privés classés.