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Château d'Ilbarritz à Bidart dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de plaisance

Château d'Ilbarritz

    Avenue Reine-Nathalia
    64210 Bidart
Propriété d'une société privée
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Château dIlbarritz
Crédit photo : Lilipiapia - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1895–1897
Construction du château
1903
Démontage de l’orgue
1911
Vente à P.-B. Gheusi
1923
Morcellement du domaine
1959–1986
Ère hôtelière (Massiaux)
1990
Classement Monument Historique
2014
Rachat par Bruno Ledoux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; salle d'orgue ; grand escalier (cad. AX 96, 103) : inscription par arrêté du 30 mai 1990

Personnages clés

Albert de l’Espée - Baron, commanditaire Héritier de Wendel, fit bâtir le château.
Gustave Huguenin - Architecte Conçut le château et son parc.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues Créa l’orgue monumental initial.
René et Jeanne Massiaux - Propriétaires (1959–1986) Transformèrent le château en hôtel.
Marcel Lefebvre - Archevêque traditionaliste Célébra une messe en 1980.
Bruno Ledoux - Acheteur (2014) Projet hôtelier contemporain inabouti.

Origine et histoire

Le château d’Ilbarritz fut construit entre 1895 et 1897 par l’architecte Gustave Huguenin pour le baron Albert de l’Espée, héritier des fonderies de Wendel. Ce dernier, marqué par une bronchite juvénile, y cherchait un climat propice à sa santé, tout en y installant le plus grand orgue privé jamais conçu par Cavaillé-Coll. Le domaine, ultra-moderne pour l’époque (électricité, climatisation, téléphone), comprenait un parc avec fabriques (pavillon chinois, chenils, cuisines) reliées par des chemins couverts. L’orgue, démonté en 1903, fut remplacé en 1906 par un modèle Mutin, aujourd’hui en Espagne.

Vendu en 1911 à P.-B. Gheusi, le château devint un hôpital pendant la Première Guerre mondiale, puis fut morcelé en 1923. Un projet de casino (La Roseraie) échoua lors de son inauguration, et la crise de 1929 enterra une luxueuse cité prévue par Biarritz. Occupé par les Allemands en 1940, puis transformé en annexe de ferme, il fut partiellement restauré en 1958. Les Massiaux, propriétaires à partir de 1959, le convertirent en hôtel Relais & Châteaux, ajoutant une rotonde panoramique et une chapelle où Lefebvre célébra une messe en 1980.

Classé Monument Historique en 1990 (toiture, façades, salle d’orgue, escalier), le château changea plusieurs fois de mains. En 2014, Bruno Ledoux, actionnaire de Libération, l’acheta pour un projet hôtelier avec spa et œuvres contemporaines, conçu avec Ora-Ito. Malgré des doutes sur sa faisabilité, le site reste un témoignage architectural unique, mêlant modernité technique du XIXe siècle et éclectisme stylistique.

Le château, bâti sur la colline de Handia, domine l’océan et se distingue par sa structure indestructible : marbres, bois nobles, et toiture solidaire grâce à des piliers en fonte. Le baron exigea une armature capable de protéger l’orgue Cavaillé-Coll, symbole de son ambition. Aujourd’hui, seul un bâtiment des anciennes cuisines subsiste, occupé par la boîte de nuit Blue Cargo.

Les dégradations successives (abandon, pillages, transformations) contrastent avec son faste originel. Le parc, autrefois orné de fabriques pittoresques, a presque entièrement disparu. Les projets contemporains peinent à concilier préservation patrimoniale et ambitions touristiques, illustrant les défis de la réhabilitation des monuments privés classés.

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