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Château d'Issy dans les Hauts-de-Seine

Château d'Issy


    Issy-les-Moulineaux
Photographe français de la fin du XIXe siècle

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1606
Achat par la reine Margot
1681-1698
Construction du château par Bullet
1699
Rachat par le Grand Conti
1776
Vente par les Conti
1871
Incendie pendant la Commune
1907-1908
Sauvetage par Rodin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Marguerite de Valois (reine Margot) - Propriétaire au XVIIe siècle Acheta le « Petit Olympe » en 1606.
Pierre Bullet - Architecte du château Conçut le château pour Denis Talon.
André Le Nôtre - Paysagiste des jardins Créa les jardins à la française.
François Louis de Bourbon, prince de Conti - Propriétaire au XVIIIe siècle Agrandit et embellit le château.
Auguste Rodin - Sauveur des vestiges Racheta des éléments en 1907.

Origine et histoire

Le château d'Issy, situé à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, fut principalement la propriété des princes de Conti au XVIIIe siècle. Construit à la fin du XVIIe siècle par l'architecte Pierre Bullet pour Denis Talon, il fut embelli par les Conti, notamment avec une façade à péristyle et des jardins remarquables conçus par André Le Nôtre. Le domaine, décrit comme l'un des plus beaux des environs de Paris, fut un lieu de fêtes et de réceptions fastueuses.

À l'origine, le site était occupé dès le XIIIe siècle par deux propriétés : le vieux château de Villepreux et le fief de Mérainviller. Au début du XVIIe siècle, la reine Margot y acquit une demeure qu'elle nomma le « Petit Olympe ». Après sa mort en 1615, le domaine fut vendu et divisé, avant d'être réuni en 1660 par Macé Bertrand de la Bazinière pour former une maison de plaisance.

En 1681, Denis Talon, conseiller du roi, acheta le domaine et confia sa transformation à Pierre Bullet pour le château et à André Le Nôtre pour les jardins. À sa mort en 1698, le château fut racheté en 1699 par François Louis de Bourbon, prince de Conti, qui y réalisa d'importants travaux, ajoutant une façade dorique et un pavillon des bains pour son fils. Le domaine devint un lieu de prestige, décrit en détail par Dézallier d'Argenville en 1749 pour ses jardins en terrasses, ses fontaines et son intégration harmonieuse dans le paysage.

Le château resta dans la famille Conti jusqu'en 1776, date à laquelle il fut vendu à Adrien Jules Gaultier Designy, puis à la princesse de Chimay en 1782. Pendant la Révolution française, la princesse fut guillotinée en 1793, et le château, confisqué comme bien national, commença à décliner. Au XIXe siècle, il fut morcelé et partiellement transformé : en 1852, il abritait un établissement d'hydrothérapie, puis fut racheté en 1857 par le Comptoir central de Crédit, qui lança un lotissement du parc.

En 1871, pendant la Commune de Paris, le château fut incendié par les canonniers et laissé en ruines. Les vestiges furent en partie démolis en 1910 et 1939. Auguste Rodin racheta certains éléments architecturaux, comme le fronton et les colonnes, qu'il fit remonter dans sa villa de Meudon entre 1907 et 1908. Aujourd'hui, il ne subsiste du château que l'hémicycle d'entrée du XVIIIe siècle, abritant une galerie d'histoire, ainsi que l'orangerie, le colombier et une fontaine classée.

Le parc, en partie racheté par la commune, est devenu le parc municipal Henri-Barbusse, inauguré en 1936. Ce lieu conserve une partie des aménagements paysagers d'origine, témoignant de l'héritage des jardins à la française conçus par Le Nôtre. Le musée français de la Carte à jouer, installé dans l'ancien pavillon d'entrée, perpétue la mémoire de ce château disparus.

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