Origine et histoire du Château d'Oiron
Le château d'Oiron, situé dans la commune de Plaine-et-Vallées en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice emblématique des styles Renaissance et classique, principalement construit par la famille Gouffier entre le XVIe et le XVIIe siècle. Classé monument historique en 1923 puis inscrit en 1943, il devient propriété de l'État en 1946. Le château est aujourd’hui connu pour abriter une collection d’art contemporain, tout en conservant des éléments architecturaux et décoratifs majeurs de son passé, comme la galerie Renaissance et ses peintures murales.
À l’origine, la seigneurie d’Oiron appartient au XIIe siècle à la famille locale des d’Oiron, avant de passer entre les mains des Thouars au XIVe siècle. En 1449, Guillaume Ier Gouffier, favori de Charles VII, en devient propriétaire après la disgrâce de Jean Barillet, un receveur général des finances lié à Jacques Cœur. Les Gouffier transforment profondément le château, notamment sous Artus Gouffier, grand maître de France sous François Ier, qui y accueille la cour en 1518. Son fils, Claude Gouffier, grand écuyer de France, achève la métamorphose du logis médiéval en un château Renaissance, ajoutant une galerie peinte et des décors somptueux.
Au XVIIe siècle, Louis Gouffier, opposant à la régence de Marie de Médicis, est condamné à l’exil à Oiron, où il entreprend d’importants travaux, comme la construction du pavillon du Roi et la décoration de la salle des Amazones. Le château passe ensuite aux mains des Aubusson-La Feuillade, qui y ajoutent des éléments classiques, comme le pavillon des Trophées. En 1700, Madame de Montespan, favorite de Louis XIV, acquiert le domaine et y apporte des modifications intérieures, comme des carrelages en faïence et des lambris.
Après une période de déclin au XVIIIe siècle, marquée par des ventes successives et un entretien négligé, le château est sauvé par l’État en 1946. Depuis, d’importantes restaurations ont permis de préserver ses décors, notamment la galerie Renaissance, dont les peintures illustrant la guerre de Troie ont été restaurées à plusieurs reprises. En 1987, une exposition d’art contemporain, Meltem, marque le début d’une nouvelle vocation pour le château, qui accueille désormais la collection Curios & Mirabilia, mêlant œuvres modernes et héritage historique.
Le château conserve également des traces de son passé cynégétique, avec des écuries réputées sous Henri II et des aménagements pour la chasse au XIXe siècle. Les communs, datant du XVIe siècle, témoignent de cette fonction, tandis que les jardins et le parc ont été réaménagés au XXIe siècle pour accueillir des installations contemporaines. Aujourd’hui, Oiron est un lieu de dialogue entre patrimoine et création, attirant les visiteurs par son histoire riche et ses expositions innovantes.
Parmi les éléments remarquables, la galerie Renaissance, longue de 55 mètres, est la plus grande galerie peinte de France après celle de Fontainebleau. Elle illustre en 14 scènes le cycle de la guerre de Troie et l’Énéide, attribuées à Noël Jallier. Le château abrite aussi des décors du XVIIe siècle, comme la chambre du Roi et la salle des Amazones, ainsi que des vestiges des collections d’art des Gouffier, dispersées au fil des siècles. Ces collections comprenaient des œuvres de Raphaël, du Pérugin, et des portraits royaux, dont certains subsistent encore dans l’ex-collégiale voisine.
Depuis 1993, la collection Curios & Mirabilia réactive l’esprit des cabinets de curiosités de la Renaissance, avec des œuvres d’artistes contemporains comme Daniel Spoerri, John Armleder ou Felice Varini. Ces installations dialoguent avec l’histoire du lieu, comme dans la salle d’Armes ou la galerie des Chevaux, où l’art moderne côtoie les décors anciens. Le château, géré par le Centre des monuments nationaux, est aujourd’hui le monument le plus visité des Deux-Sèvres, tout en servant de cadre à des tournages et reportages télévisés.