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Château d'Oiron dans les Deux-Sèvres

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1449
Acquisition par Guillaume Ier Gouffier
1518
Visite de François Ier
1532
Consécration de la collégiale
1627
Incendie du château
1923
Classement monument historique
1993
Inauguration de *Curios & Mirabilia*
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Artus Gouffier - Grand maître de France Proche de François Ier, transformateur du château.
Claude Gouffier - Grand écuyer de France Créateur de la galerie Renaissance.
Louis Gouffier - Gouverneur de Poitiers Exilé à Oiron, rénovateur du XVIIe.
Madame de Montespan - Favorite de Louis XIV Propriétaire en 1700, modernisatrice intérieure.
François III d'Aubusson - Maréchal de France Constructeur du pavillon des Trophées.
Jean-Hubert Martin - Commissaire d'exposition Créateur de *Curios & Mirabilia* en 1993.

Origine et histoire

Le château d'Oiron, situé dans la commune de Plaine-et-Vallées en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice emblématique des styles Renaissance et classique, principalement construit par la famille Gouffier. Classé monument historique en 1923 puis inscrit en 1943, il devient propriété de l'État en 1946. Son histoire remonte au Moyen Âge, où la seigneurie appartenait à des familles locales comme les d'Oiron, avant de passer aux mains des Thouars, puis des Amboise au XIVe siècle. La famille Gouffier, notamment Guillaume Ier, en prend possession en 1449 après des péripéties judiciaires et politiques liées à la disgrâce de Jean Barillet.

Au XVIe siècle, le château connaît son apogée sous l’impulsion d’Artus Gouffier, grand maître de France et proche de François Ier, qui y accueille la cour en 1518. Son fils, Claude Gouffier, grand écuyer de France, transforme radicalement le logis médiéval en un château Renaissance, ajoutant une galerie peinte de 55 mètres illustrant la guerre de Troie et l’Énéide. Ce décor, inspiré par les modèles italiens, fait d’Oiron l’un des joyaux architecturaux de la région. La galerie, avec ses quatorze scènes mythologiques, est l’un des plus grands ensembles peints de France après Fontainebleau.

Au XVIIe siècle, Louis Gouffier, en exil forcé à Oiron après avoir soutenu des révoltes contre Louis XIII, entreprend d’importants travaux : construction du pavillon du Roi, décors peints par Jacques Despied et Charles Beaubrun, et une salle des Amazones ornée de tableaux. Malgré ces embellissements, la famille Gouffier perd progressivement son influence politique. En 1667, le château passe aux Aubusson par mariage, puis est vendu en 1700 à Madame de Montespan, favorite de Louis XIV, qui y apporte des modifications intérieures et extérieures, comme l’ajout d’un étage à la tour droite pour symétrie.

Après la mort de Madame de Montespan en 1707, le château change plusieurs fois de mains, subissant pillages et négligences, notamment pendant la Révolution. Au XIXe siècle, les propriétaires successifs, comme la famille Fournier de Boisayrault, tentent des restaurations partielles, mais le monument se dégrade. En 1946, l’État en devient propriétaire et engage d’importantes campagnes de restauration, sauvant notamment la galerie Renaissance. Depuis 1993, le château abrite Curios & Mirabilia, une collection d’art contemporain inspirée des anciens cabinets de curiosités, réactivant l’esprit éclectique des Gouffier.

Aujourd’hui, le château d’Oiron allie patrimoine historique et création contemporaine. Ses décors Renaissance, comme la galerie peinte ou la chambre du Roi, dialoguent avec des œuvres d’artistes modernes, offrant une expérience immersive aux visiteurs. Le parc, réaménagé en 2005 par le paysagiste Pascal Cribier, et les écuries historiques, témoignent de son passé de domaine de chasse et de résidence aristocratique. Intégré au Centre des monuments nationaux, il est le site le plus visité des Deux-Sèvres, attirant par son mélange unique d’histoire et d’innovation.

Le château a également servi de décor pour des productions audiovisuelles, comme le téléfilm Catherine de Médicis (1988) ou l’émission Secrets d’Histoire (2013 et 2019), consolidant sa renommée culturelle. Les restaurations successives ont permis de préserver ses éléments architecturaux majeurs, tout en intégrant des installations contemporaines qui en font un lieu vivant, ancré dans son territoire tout en regardant vers l’avenir.

Liens externes

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