Origine et histoire du Château d'Olbreuse
Le château d'Olbreuse, situé à Usseau dans les Deux-Sèvres, aurait des origines remontant au XIe siècle, bien que les archives manquent pour confirmer cette date. Il devient historiquement significatif au XVIIe siècle comme berceau d’Éléonore Desmier d'Olbreuse (1639–1722), surnommée la « grand-mère de l’Europe » en raison de ses descendants royaux, dont les monarques de Grande-Bretagne et de Prusse. La famille Desmier, convertie au calvinisme, joue un rôle actif pendant les guerres de Religion, abritant des protestants persécutés.
Au début du XVIIIe siècle, Louis XIV place le château sous séquestre (1702–1707) pour punir Éléonore d’avoir soutenu les protestants. Après sa mort en 1722, le domaine passe à sa fille Sophie-Dorothée, épouse du roi George Ier de Grande-Bretagne, puis à leurs enfants, George II et la reine de Prusse. En 1729, le château est cédé à la famille catholique Prévot de Gagemont, qui le conserve jusqu’en 1871. Ces propriétaires, autorisés par Louis XV, transforment partiellement l’architecture, ajoutant une aile perpendiculaire au corps central vers 1760.
Le château revient aux Desmier en 1871, grâce au baron Charles Desmier d’Olbreuse, issu d’une branche cousine. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert d’hôpital pour soldats aveugles. Au XXe siècle, une auberge y est installée (1983–1996), combinant séminaires et restauration gastronomique locale. L’édifice, inscrit aux Monuments historiques en 1973, mêle aujourd’hui des éléments médiévaux (tours, meurtrières) et des aménagements des XVIIIe et XIXe siècles, témoignant de son évolution entre forteresse défensive et résidence seigneuriale.
L’histoire du château est aussi marquée par des légendes locales, comme l’existence de souterrains utilisés pendant les guerres de Religion pour cacher les protestants. Ces galeries, aujourd’hui impraticables, reliaient prétendument le château à des villages voisins sur plusieurs kilomètres. D’autres récits évoquent des incendies répétés (27 fois selon la tradition orale) ou une cave à sel, hypothèse plausible compte tenu de l’importance de cette denrée pour la conservation des aliments à l’époque.
Architecturalement, le château se distingue par sa simplicité, typique des petites seigneuries rurales. À l’origine, il comprenait quatre tours d’angle reliées par des murs de courtine, dont deux subsistent. Le logis médiéval, partiellement détruit, était surélevé aux XVIIIe et XIXe siècles, avec des modifications comme l’ajout d’un étage ou le remplacement des toits en tuiles par du zinc. La charpente « à l’impériale », datant des XVIe–XVIIe siècles, et une cave voûtée bien conservée rappellent son passé défensif, conçu pour protéger les habitants des pillards pendant la guerre de Cent Ans.
Les propriétaires successifs, des familles Desmier aux Prévot de Gagemont, puis aux Boscals de Reals (depuis 1996), ont marqué son histoire. Le blason des Desmier, « écartelé d’azur et d’argent à quatre fleurs de lys », leur aurait été accordé par Jean le Bon après la bataille de Poitiers (1356). Le château, bien que modeste, incarne ainsi un patrimoine à la fois militaire, religieux et dynastique, lié aux bouleversements de l’histoire française et européenne.