Origine et histoire
Le château d'Olbreuse, situé à Usseau dans les Deux-Sèvres, aurait été construit au XIe siècle, bien que les archives manquent pour confirmer cette date. Il est surtout connu pour son rôle dans l’histoire protestante : au XVIe siècle, la famille Desmier d’Olbreuse, propriétaire des lieux, adopte le calvinisme et participe aux guerres de religion. Le château devient un refuge pour les protestants persécutés, notamment sous Louis XIV, qui le place sous séquestre en 1702 pour punir Éléonore Desmier d’Olbreuse, accusée d’avoir aidé les huguenots. Libéré en 1707, il passe ensuite à sa fille Sophie-Dorothée, épouse du roi George Ier de Grande-Bretagne, puis à leurs héritiers, dont George II et la reine de Prusse.
En 1729, le château est cédé à la famille catholique Prévot de Gagemont, qui le conserve jusqu’en 1871. Il revient ensuite aux Desmier d’Olbreuse, une branche cousine, avant d’être transformé en hôpital pour aveugles de guerre pendant la Première Guerre mondiale. Au XXe siècle, il abrite une auberge réputée (1983-1996), puis est restauré et inscrit aux Monuments historiques en 1967. Son architecture modeste, typique des petits châteaux ruraux, contraste avec son importance historique : tours médiévales, souterrains secrets utilisés lors des persécutions religieuses, et cave voûtée encore visible.
Le château est indissociable d’Éléonore Desmier d’Olbreuse (1639-1722), dont les descendants ont régné sur plusieurs royaumes européens, valant à la famille le surnom de grand-mère de l’Europe. Les légendes locales évoquent des souterrains reliant le château à des villages voisins, utilisés pour cacher les protestants, ainsi qu’une prétendue cave à sel et une tour aux meurtrières, bien que cette dernière hypothèse ait été réfutée. Aujourd’hui, le château appartient à la famille Boscals de Reals.
Architecturalement, le château a évolué au fil des siècles : initialement entouré de murs de courtine et de quatre tours (dont deux subsistent), il est agrandi au XVIIIe siècle par les Prévot de Gagemont, qui ajoutent une aile et une cuisine monumentale. Au XIXe siècle, les Desmier rehaussent l’étage et remplacent le toit traditionnel par une charpente en zinc. Malgré des périodes de dégradation, sa restauration en 1967 a permis de préserver ses éléments médiévaux, comme la cave voûtée et les puits profonds de 40 mètres, témoignages de son rôle défensif pendant la guerre de Cent Ans.
Les Desmier d’Olbreuse, famille militaire aux armoiries écartelé d’azur et d’argent à quatre fleurs de lys, sont attestés depuis le XIIIe siècle. Leur blason leur aurait été accordé par Jean le Bon après la bataille de Poitiers. Le château, symbole de leur pouvoir, passe entre les mains de cousins éloignés après la Révolution, avant de revenir à la branche principale. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la France, depuis les guerres de Religion jusqu’à l’exil des protestants sous Louis XIV.
Aujourd’hui, le château d’Olbreuse incarne un patrimoine discret mais riche, mêlant mémoire protestante, légendes locales et héritage architectural. Son inscription aux Monuments historiques en 1967 a permis de sauvegarder ce petit château sans prétention, témoin des luttes religieuses et des alliances européennes qui ont marqué l’histoire de la Nouvelle-Aquitaine.