Origine et histoire
Le château d'Olhain, édifié entre les XIIIe et XVe siècles à Fresnicourt-le-Dolmen (Pas-de-Calais), incarne l’architecture militaire médiévale de l’Artois. Bâti sur la rivière Lawe, il est considéré comme la forteresse la plus emblématique de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais. Son histoire est marquée par des reconstructions successives, notamment en 1407 sous l’impulsion de Jean de Nielles, chambellan du duc de Bourgogne, qui utilisa des chênes du bois du Wault pour ériger l’édifice actuel.
La famille d’Olhain, attestée depuis 1179, joua un rôle clé dans son développement. Hugues d’Olhain, capitaine lors de la Quatrième croisade (1204), serait à l’origine d’un premier château, remplacé plus tard. Au XVe siècle, le domaine passa aux mains des Berghes-Saint-Winock via le mariage d’Alix de Nielles avec Jean Ier de Berghes, grand veneur de France. Cette lignée, convertie au protestantisme au XVIe siècle, dut composer avec les autorités espagnoles alors maîtresses de l’Artois, avant de revenir au catholicisme en 1628.
Le château fut un enjeu stratégique lors des conflits franco-espagnols. En 1641, il fut pris par le régiment de Champagne pendant la conquête de l’Artois par Louis XIII, puis endommagé par les Espagnols qui firent sauter deux tours. Au XVIIIe siècle, les Berghes-Saint-Winock le délaissèrent au profit du château de Boubers-sur-Canche, bien qu’il restât entretenu comme rendez-vous de chasse. La famille le conserva jusqu’en 1900, date de sa vente.
Un site néolithique exceptionnel fut découvert en 2021 sous le bois d’Olhain : un enclos circulaire fortifié de 25 hectares, daté d’environ 6 000 ans, entouré de trois talus et fossés. Ce vestige, révélé par une cartographie LIDAR, est parmi les mieux conservés de la région. Les autorités envisagent sa protection au titre des monuments historiques, en collaboration avec l’Office national des forêts.
L’architecture du château allie un corps de ferme, une basse-cour ceinte de douves, et une forteresse surmontée d’une tour de guet de 30 mètres. Parmi ses éléments remarquables figurent une chapelle du XIXe siècle, un four à pain, et une salle des Gardes ornée des armes des Berghes-Saint-Winock (un lion). Le site, inscrit aux monuments historiques depuis 1989, abrite aussi des cuisines médiévales bâties entre des murs mérovingiens.
Au XXe siècle, le château appartint à la famille Dutoit, qui en assura la préservation. Pendant la Première Guerre mondiale, il servit brièvement de quartier général à un état-major français en 1915. Aujourd’hui, il se visite en saison, offrant un témoignage rare des forteresses féodales du nord de la France, entre héritage médiéval et découvertes préhistoriques.