Origine et histoire
Le château d'Ollainville, aussi appelé château de Brière, était un domaine seigneurial situé dans l'actuelle commune d'Ollainville (Essonnes), autrefois rattaché à Bruyères-le-Châtel. Initialement propriété de la famille de Baillon au XVIe siècle, il fut acquis en 1570 par René Crespin, seigneur du Gast, avant d'être échangé un mois plus tard à Benoist Milon, trésorier des guerres. Ce dernier, anobli par sa charge, fit construire un château clos de fossés, doté de jardins, de terres agricoles et de moulins, transformant le domaine en une seigneurie prospère.
En 1576, le roi Henri III acheta le château à Benoist Milon pour 50 000 livres tournois et en fit une résidence de campagne. Il y séjourna à plusieurs reprises, y signa des édits royaux, et y reçut son frère, le duc d'Alençon, en 1576. Le domaine, richement meublé et embelli, devint un lieu de pouvoir et de réconciliation politique. Après la mort d'Henri III en 1589, le château passa à Henri IV, qui l'offrit en 1595 à sa sœur, Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, avant qu'elle ne le vende en 1600.
Au XVIIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains : acquis par François de La Grange en 1600, il fut ensuite possédé par Michel de Marillac, conseiller d'État, qui y ajoutait terrasses et jardins réguliers. Au XVIIIe siècle, il appartint successivement à la duchesse de Lauzun, au receveur Boucaud, puis au maréchal duc de Castries, qui l'agrandit en 1782. Confisqué pendant la Révolution, il échappa de peu à la destruction en 1790 grâce à l'intervention de la Garde Nationale, mais fut finalement démoli en 1831.
Aujourd'hui, il ne reste du château que des soubassements visibles aux Terrasses du château, une ancienne orangerie transformée en ferme, et des grottes dites à l'italienne édifiées au XVIIe siècle dans le parc. Ces vestiges, ainsi que les pavillons des gardes restaurés, rappellent l'importance historique de ce domaine, autrefois lieu de pouvoir royal et de vie seigneuriale.
Les archives mentionnent également des éléments architecturaux remarquables, comme des fossés en eau, des tours rondes aux angles du château carré, et des dépendances agricoles (pressoirs, bergeries, moulins). Le domaine était aussi doté de droits seigneuriaux complets, incluant haute, moyenne et basse justice, ainsi que des revenus tirés des terres et des cens.