Château d'Olonde à Canville-la-Rocque dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château d'Olonde

  • Le Château d'Olonde
  • 50580 Canville-la-Rocque
Château dOlonde
Château dOlonde
Château dOlonde
Château dOlonde
Crédit photo : Xfigpower - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XIe siècle
Premier seigneur connu
1205
Nouvelle seigneurie
1243
Seigneur d'Olonde
Fin du XIIe siècle
Succession des seigneurs
Début du XIIIe siècle
Destruction du château
1520
Possession des Harcourt
1614
Mariage de Pierre II d'Harcourt
1er quart XVIe siècle
Construction du logis
XVIIe siècle
Aménagements du pavillon
1789
Représentation aux États généraux
XIXe siècle
Reconstruction du logis
29 novembre 2000
Protection des monuments
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'assiette de l'ancien château, y compris les douves et la motte ; l'ensemble des bâtiments castraux, à savoir : les vestiges du château du XIIe siècle, les façades et toitures des corps de logis du XVIe siècle et du XVIIIe siècle, les tours ouest et nord, en totalité, à l'exclusion des communs modernes ; les façades et toitures du commun est surplombant la douve, avec ses latrines (cad. H 5, 6, lieudit Le Château d'Olonde, 7 à 10, lieudit Les Buttes) : inscription par arrêté du 29 novembre 2000

Personnages clés

Roger de Magneville Premier seigneur connu du château d'Olonde à la fin du XIe siècle.
Richard d'Argences Seigneur à qui la seigneurie est donnée en 1205.
Guillaume d'Argences Seigneur d'Olonde mentionné en 1243.
Pierre II d'Harcourt Baron d'Olonde en 1614 lors de son mariage avec Marie de Briroy.
Charles d'Harcourt Marquis d'Olonde représentant la noblesse aux États généraux de Coutances en 1789.
Amédée d'Harcourt Membre de la famille d'Harcourt ayant émigré et servi dans l'armée anglaise.
Jules Barbey d'Aurevilly Écrivain ayant utilisé le château comme cadre pour son roman Une histoire sans nom.
Michel Houellebecq Écrivain ayant utilisé le château comme symbole dans son roman Sérotonine.

Origine et histoire du Château d'Olonde

Le château d'Olonde, situé sur la commune de Canville-la-Rocque dans la Manche, réunit des éléments d'époques multiples qui se juxtaposent : vestiges d'un château médiéval, constructions de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, remaniements aux XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que l'assiette d'un ancien jardin et un bois. Il se trouve à 1,1 km à l'ouest de l'église Saint-Malo, sur la route entre Portbail et Saint-Sauveur-le-Vicomte, à proximité de l'axe Barneville-Carteret–La Haye-du-Puits. L'édifice a pour origine la seigneurie des Magneville : Roger de Magneville est le premier seigneur connu à la fin du XIe siècle et lui succèdent son fils Étienne, puis Roger II et Guillaume de Magneville à la fin du XIIe siècle. Le château, détruit au début du XIIIe siècle lors de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, fut ensuite démembré et la seigneurie donnée en 1205 à Richard d'Argences; Guillaume d'Argences est mentionné par la suite comme détenteur et, en 1243, qualifié de seigneur d'Olonde. Divers fiefs liés à Olonde sont cités dans les registres de l'époque, certains détachés et rattachés à d'autres honneurs et seigneuries. Aux XIVe et XVe siècles la possession passa à la famille Paynel puis, par alliances, aux Mareuil de Villebois et aux Bouchard d'Aubeterre; à partir de 1520 la branche aînée des Harcourt conserva la seigneurie jusqu'à la Révolution et possède encore aujourd'hui les restes du château. Parmi les membres de cette maison, Pierre II d'Harcourt est baron d'Olonde en 1614 lors de son mariage avec Marie de Briroy, Charles d'Harcourt, marquis d'Olonde, représentait la noblesse aux États généraux de Coutances en 1789, et Amédée d'Harcourt émigra et servit dans l'armée anglaise. Le château fut le siège d'une châtellenie dont dépendait au Moyen Âge notamment le fief noble de Sotteville. La naissance ou l'enfance de Marie de France au château d'Olonde n'a jamais été prouvée. Le site présente un tracé circulaire de douves qui semble délimiter le terre-plain du château médiéval; à proximité immédiate du manoir actuel se dressent encore une petite motte ovale et une seconde élévation incurvée, vestiges probablement d'une motte unique. Sur l'emplacement se trouve un corps de logis abandonné de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, accompagné de deux tours carrées à échauguettes, et à l'ouest les ruines d'une muraille du XIIe siècle présentant un appareil en opus spicatum. Un autre corps de logis a été reconstruit au XIXe siècle ; on note aussi un pavillon contenant un escalier et un autre pavillon aménagé au XVIIe siècle mais aujourd'hui découvert, ainsi que plusieurs dépendances. L'habitation actuelle date du XVIIIe siècle. La cour du château est accessible à la visite et l'ensemble architectural est partiellement protégé : l'assiette de l'ancien château, y compris les douves et la motte, ainsi que les vestiges du XIIe siècle, les façades et toitures des corps de logis des XVIe et XVIIIe siècles, les tours ouest et nord (à l'exclusion des communs modernes) et les façades et toitures du commun est surplombant la douve avec ses latrines sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 29 novembre 2000. Le château a inspiré des écrivains : Jules Barbey d'Aurevilly en a fait en partie le cadre de son court roman Une histoire sans nom et, selon l'essayiste Jacques Petit, connaissait les lieux; Michel Houellebecq s'en est servi dans Sérotonine comme symbole d'un monde ancien face à la modernité.

Liens externes