Origine et histoire du Château d'Ombreval
Le château d’Ombreval, situé à Neuville-sur-Saône dans le Rhône, trouve ses origines en 1458 avec une maison de plaisance appartenant à M. d’Ombreval. En 1586, l’archevêque de Lyon Pierre d’Épinac et sa sœur Claude acquièrent le domaine pour 7 500 écus. Pierre d’Épinac y construit entre 1586 et 1593 un vaste édifice, qui sera vendu en 1599 par Claude à Jean-Baptiste Livet pour régler les dettes de son frère défunt. Ce château, de style Renaissance, marque le début d’une histoire liée à l’aristocratie religieuse et lyonnaise.
En 1630, l’archevêque Camille de Neufville de Villeroy rachète le domaine pour 41 000 livres et entreprend d’importants travaux d’agrandissement et d’embellissement. Il en fait une « splendide résidence princière », entourée d’un parc de 7 km de muraille, peuplé d’oiseaux rares et doté de jardins à la française. Le château accueille des personnalités illustres comme Louis XIII, Richelieu en 1639, puis Louis XIV à plusieurs reprises à partir de 1659. En 1679, le Grand Condé y séjourne, consolidant sa réputation de lieu de pouvoir et de prestige.
À la Révolution, le château est confisqué et rebaptisé Marat-sur-Saône en 1793. Après plusieurs changements de propriétaires au XIXe siècle, dont les familles Rambaud et Péricaud, il est finalement donné à la commune de Neuville-sur-Saône en 1961 par les héritiers Vergnais. Classé monument historique en 1927 (notamment pour son nymphée de 1636), il est profondément remanié pour abriter la mairie. Aujourd’hui, il conserve des éléments architecturaux majeurs comme ses pavillons d’angle, sa tour carrée, et ses armoiries des Neufville de Villeroy.
Le parc, structuré sur deux niveaux, abrite les vestiges d’un bassin central et un nymphée classé, témoin des aménagements baroques du XVIIe siècle. Les dépendances, partiellement conservées, accueillent depuis 1966 la maison des jeunes et de la culture. Le château illustre ainsi l’évolution d’une résidence aristocratique en un lieu public, mêlant patrimoine historique et vie communale.
Parmi ses propriétaires marquants figurent des archevêques de Lyon (Pierre d’Épinac, Camille de Neufville), des ducs comme François de Villeroy ou la Maréchale de Luxembourg, ainsi que des familles bourgeoises lyonnaises (Rambaud, Péricaud). Ces successions reflètent les bouleversements politiques et sociaux de la France, de l’Ancien Régime à la Troisième République.