Origine et histoire du Château d'Onet-le-du Château
Le château d'Onet-le-Château trouve ses origines au XIIIe siècle, avec une légende évoquant des forces obscures perturbant sa construction initiale, jusqu’à un incendie mystérieux où périrent les frères Girma, présumés incendiaires. Le site fut d’abord donné à l’abbaye de Bonnecombe par B. Enjalbert, puis échangé en 1292 contre des terres du chapitre de la cathédrale de Rodez. En 1360, les dominicains de Rodez en récupérèrent une partie. Ces premiers vestiges, dont une tour carrée en calcaire blond, pourraient dater de cette époque médiévale.
L’édifice actuel fut reconstruit en 1518-1519 sur les ruines du château médiéval, servant de résidence d’été et de refuge aux chanoines de Rodez pendant les épidémies. Son architecture mêle des éléments défensifs (tourelles à canonnières, bretèche) et des innovations du XVIe siècle, comme le gothique flamboyant visible dans la chapelle et le logis. La chapelle, devenue église paroissiale, abrite un bénitier gallo-romain classé, formé de deux chapiteaux de marbre superposés.
Saisi pendant la Révolution française, le château fut vendu comme bien national en 1792 (mobilier) et 1796 (bâtiment), avant de devenir propriété communale au début du XIXe siècle. La chapelle subit des remaniements majeurs aux XIXe et XXe siècles, tandis que le logis, partiellement détruit, fut restauré. Aujourd’hui, le site, inscrit aux Monuments historiques depuis 1977, témoigne de son double rôle : forteresse médiévale et demeure canoniale de la Renaissance.
Le château se distingue par son plan en quadrilatère flanqué de quatre tours, dont une tour carrée ancienne, et son portail défensif du XVIe siècle. Les façades en calcaire roux, les cheminées monumentales et les décors sculptés (culots, pilastres) reflètent son statut de résidence prestigieuse. L’aile nord, en ruine, abritait probablement les cuisines et réserves, tandis que le logis et la chapelle, reliés par une galerie disparue, formaient un ensemble cohérent dédié au culte et à l’ostentation.
Son histoire est aussi marquée par des échanges de propriétés entre institutions religieuses : l’abbaye de Bonnecombe, le chapitre de Rodez, et les dominicains. Au XVIe siècle, le chapitre de Rodez en fit une maison de campagne pour six chanoines, perçant une collation de 50 livres tournois. La légende des frères Girma et l’incendie fondateur ajoutent une dimension mystique à son passé médiéval.