Origine et histoire du Château d'Orcher
Le château d'Orcher trouve ses origines au XIe siècle, lorsque Rollon, en 912, octroie un vaste domaine à Gonfreville à Auricher, lui conférant le titre de maréchal héréditaire de Normandie. Ce dernier y érige un château fort accompagné d’une chapelle dédiée à Sainte-Honorine. Le donjon, partiellement détruit en 1360 par les troupes d’Harfleur, est reconstruit avant d’être pris par les Anglais en 1415. Henri V d’Angleterre en dépossède alors la famille Crespin au profit de John Fastolf, puis le domaine change de mains à plusieurs reprises, passant aux familles de Brézé, d’O, et Novion.
Au XVIIe siècle, la famille Potier en devient propriétaire jusqu’en 1719, date à laquelle le financier John Law l’acquiert. Le château est ensuite transformé au XVIIIe siècle par Thomas de Planterose, qui supprime le grand donjon et les tours nord, modernisant l’édifice avec l’aide des architectes François de la Motte et Jacques Lesueur. Les boiseries, réalisées par le menuisier havrais Le Roux, témoignent de cette période de rénovation. Le domaine reste dans la descendance de Planterose jusqu’à son mariage avec la famille d’Harcourt au XIXe siècle.
Au XIXe siècle, la famille de Rochechouart entreprend une restauration majeure en 1857, dirigée par l’architecte Pierre Philippon. Le château, classé partiellement aux monuments historiques en 1976, conserve des éléments médiévaux comme la cave voûtée et le colombier, tout en intégrant des décors des XVIIIe et XIXe siècles. Aujourd’hui, il appartient toujours à la famille d’Harcourt, perpétuant un héritage architectural et historique de plus de mille ans.
Situé sur une falaise dominant l’estuaire de la Seine, le château d’Orcher illustre les évolutions architecturales et politiques de la Normandie, des origines médiévales aux transformations des Lumières. Son histoire reflète les conflits franco-anglais, les alliances familiales et les adaptations successives à travers les siècles, en faisant un témoin privilégié du patrimoine normand.
Les protections au titre des monuments historiques concernent notamment le grand salon du rez-de-chaussée, les façades, les toitures, ainsi que plusieurs pièces intérieures et leur décor. Ces éléments soulignent l’importance artistique et historique du château, qui allie vestiges médiévaux et aménagements des périodes modernes.