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Château d'Ordières à Benest en Charente

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château d'Ordières

    D36 
    16350 Benest
Propriété privée
Crédit photo : Rosier - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIVe siècle
Premières mentions du fief
1486
Hommage féodal
1530
Changement de seigneur
1605-1617
Construction du logis
1617
Sculpture des armoiries
1792
Vente comme bien national
13 avril 1989
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château ; façades et toitures des bâtiments au nord de la cour (tours d'angle et bâtiment central) ; tour sud-est (ancien donjon) (cad. A 302) : inscription par arrêté du 13 avril 1989

Personnages clés

Famille de La Rochefoucauld - Premiers seigneurs (XIVe siècle) Propriétaires du fief et du donjon.
Geoffroy Pastoureau - Seigneur en 1530 Ancêtre de la lignée Pastoureau.
Abel Pastoureau - Commanditaire du logis (1605-1617) Fait sculpter les armoiries en 1617.
Pierre de Monéïs - Seigneur par alliance Épouse l’héritière Pastoureau avant 1789.
Jean-Baptiste Grellier - Acquéreur en 1792 Huissier achetant le bien national.

Origine et histoire

Le château d'Ordières, situé à Benest en Charente (Nouvelle-Aquitaine), est un monument emblématique alliant architecture médiévale et Renaissance. Son histoire débute au XIVe siècle, lorsque le fief appartenait déjà à la famille de La Rochefoucauld, avec un donjon cylindrique de 9 mètres de diamètre et des murs de 2 mètres d’épaisseur, couronné de mâchicoulis. Ce donjon, probablement construit à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle, servait de cœur défensif à une forteresse entourée de deux enceintes et de douves, à l’exception du côté est.

Au XVIe siècle, le fief passe aux mains de la famille Pastoureau. Geoffroy Pastoureau en devient seigneur en 1530, et son descendant Abel Pastoureau entreprend la construction du logis central entre 1605 et 1617. Ce logis, de style Renaissance, remplace un bâtiment vétuste adossé au donjon et intègre des éléments classiques comme des fenêtres à meneaux et une tour d’escalier polygonale surmontée d’une bretèche. Les armoiries des Pastoureau, sculptées au-dessus de la porte et supportées par des griffons, témoignent de leur influence.

Le château reste dans la famille Pastoureau jusqu’au mariage d’une héritière avec Pierre de Monéïs, puis est conservé par cette lignée jusqu’à la Révolution française. Vendu comme bien national en 1792, il est acquis par Jean-Baptiste Grellier, huissier à Confolens. L’ensemble architectural, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1989, comprend aussi des dépendances agricoles (bergerie, grange, pigeonnier) et un système hydraulique avec étang et bassins, aménagé dès 1604. Des modifications mineures interviennent aux XIXe et XXe siècles, mais le château conserve son caractère défensif et résidentiel d’origine.

La tour-donjon, élément le plus ancien, présente quatre niveaux : un rez-de-chaussée voûté en coupole sans ouverture extérieure, des étages carrés avec cheminées, et des mâchicoulis partiellement disparus. Le logis, quant à lui, illustre la transition entre le gothique (baies à meneaux) et la Renaissance (décors de pilastres). Neuf cheminées du début du XVIIe siècle et deux du XVIe siècle subsistent à l’intérieur, rappelant les phases successives de construction.

Le château d’Ordières incarne ainsi l’évolution architecturale et sociale d’un fief poitevin, passé des mains de seigneurs médiévaux (La Rochefoucauld) à une noblesse terrienne (Pastoureau, Monéïs), avant de devenir un bien public puis privé. Son inscription partielle comme monument historique en 1989 protège notamment la tour sud-est, les façades des bâtiments nord et les éléments défensifs, préservant ce témoignage des XVe et XVIIe siècles.

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