Frise chronologique
XIVe siècle
Premières mentions du fief
Premières mentions du fief
XIVe siècle (≈ 1450)
Appartenance aux La Rochefoucauld, donjon probable.
1486
Hommage féodal
Hommage féodal
1486 (≈ 1486)
Pierre de Fontlebon rend hommage au comte.
1530
Changement de seigneur
Changement de seigneur
1530 (≈ 1530)
Geoffroy Pastoureau devient seigneur d'Ordières.
1605-1617
Construction du logis
Construction du logis
1605-1617 (≈ 1611)
Abel Pastoureau érige le logis central.
1617
Sculpture des armoiries
Sculpture des armoiries
1617 (≈ 1617)
Blason des Pastoureau apposé sur la porte.
1792
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1792 (≈ 1792)
Achat par Jean-Baptiste Grellier post-Révolution.
13 avril 1989
Inscription monument historique
Inscription monument historique
13 avril 1989 (≈ 1989)
Protection partielle (donjon, bâtiments nord).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château ; façades et toitures des bâtiments au nord de la cour (tours d'angle et bâtiment central) ; tour sud-est (ancien donjon) (cad. A 302) : inscription par arrêté du 13 avril 1989
Personnages clés
| Famille de La Rochefoucauld - Premiers seigneurs (XIVe siècle) |
Propriétaires du fief et du donjon. |
| Geoffroy Pastoureau - Seigneur en 1530 |
Ancêtre de la lignée Pastoureau. |
| Abel Pastoureau - Commanditaire du logis (1605-1617) |
Fait sculpter les armoiries en 1617. |
| Pierre de Monéïs - Seigneur par alliance |
Épouse l’héritière Pastoureau avant 1789. |
| Jean-Baptiste Grellier - Acquéreur en 1792 |
Huissier achetant le bien national. |
Origine et histoire
Le château d'Ordières, situé à Benest en Charente (Nouvelle-Aquitaine), est un monument emblématique alliant architecture médiévale et Renaissance. Son histoire débute au XIVe siècle, lorsque le fief appartenait déjà à la famille de La Rochefoucauld, avec un donjon cylindrique de 9 mètres de diamètre et des murs de 2 mètres d’épaisseur, couronné de mâchicoulis. Ce donjon, probablement construit à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle, servait de cœur défensif à une forteresse entourée de deux enceintes et de douves, à l’exception du côté est.
Au XVIe siècle, le fief passe aux mains de la famille Pastoureau. Geoffroy Pastoureau en devient seigneur en 1530, et son descendant Abel Pastoureau entreprend la construction du logis central entre 1605 et 1617. Ce logis, de style Renaissance, remplace un bâtiment vétuste adossé au donjon et intègre des éléments classiques comme des fenêtres à meneaux et une tour d’escalier polygonale surmontée d’une bretèche. Les armoiries des Pastoureau, sculptées au-dessus de la porte et supportées par des griffons, témoignent de leur influence.
Le château reste dans la famille Pastoureau jusqu’au mariage d’une héritière avec Pierre de Monéïs, puis est conservé par cette lignée jusqu’à la Révolution française. Vendu comme bien national en 1792, il est acquis par Jean-Baptiste Grellier, huissier à Confolens. L’ensemble architectural, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1989, comprend aussi des dépendances agricoles (bergerie, grange, pigeonnier) et un système hydraulique avec étang et bassins, aménagé dès 1604. Des modifications mineures interviennent aux XIXe et XXe siècles, mais le château conserve son caractère défensif et résidentiel d’origine.
La tour-donjon, élément le plus ancien, présente quatre niveaux : un rez-de-chaussée voûté en coupole sans ouverture extérieure, des étages carrés avec cheminées, et des mâchicoulis partiellement disparus. Le logis, quant à lui, illustre la transition entre le gothique (baies à meneaux) et la Renaissance (décors de pilastres). Neuf cheminées du début du XVIIe siècle et deux du XVIe siècle subsistent à l’intérieur, rappelant les phases successives de construction.
Le château d’Ordières incarne ainsi l’évolution architecturale et sociale d’un fief poitevin, passé des mains de seigneurs médiévaux (La Rochefoucauld) à une noblesse terrienne (Pastoureau, Monéïs), avant de devenir un bien public puis privé. Son inscription partielle comme monument historique en 1989 protège notamment la tour sud-est, les façades des bâtiments nord et les éléments défensifs, préservant ce témoignage des XVe et XVIIe siècles.