Frise chronologique
2e quart du XIIIe siècle (vers 1230-1250)
Construction du logis initial
Construction du logis initial
2e quart du XIIIe siècle (vers 1230-1250) (≈ 1240)
Fondations du château primitif et donjon
4e quart du XVIe siècle (vers 1580)
Transformation en château
Transformation en château
4e quart du XVIe siècle (vers 1580) (≈ 1687)
Ajout tours canonnières et enceinte
1722
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
1722 (≈ 1722)
Château partiellement détruit puis restauré
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Transformation en exploitation agricole
1934
Second incendie
Second incendie
1934 (≈ 1934)
Destruction partielle, vestiges actuels
2 novembre 1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2 novembre 1988 (≈ 1988)
Protection des façades et vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades extérieures du corps de logis, du bâtiment secondaire et du bâtiment d'exploitation avec la tour ; façade sur cour et tourelle avec l'escalier en vis du bâtiment secondaire ; passage d'entrée du corps de logis avec l'arc du porche vers la cour ; pont d'accès avec la porte extérieure, mur d'enceinte avec ses deux tours d'angle et l'enceinte extérieure ; vestiges du donjon primitif dans la cave et sous le sol de la cour (cad. 3 97, 98) : inscription par arrêté du 2 novembre 1988
Personnages clés
| Famille d'Andlau - Seigneurs féodaux |
Possesseurs jusqu’en 1524 |
| Jean de Rixheim - Noble propriétaire |
Acquiert le fief en 1524 |
| François Willemann - Conseiller épiscopal |
Dernier seigneur avant la Révolution |
| Hubert Hartmann - Viticulteur actuel |
Propriétaire du domaine viticole |
| François-Antoine Müller - Maître d'œuvre |
Intervient après l’incendie de 1722 |
| Nicolas Six - Maître d'œuvre |
Associé aux travaux de reconstruction |
Origine et histoire
Le château d'Orschwihr, situé dans le Haut-Rhin, trouve ses origines au 2e quart du XIIIe siècle avec la construction d’un logis vers 1230-1250. Ce premier édifice, entouré de fortifications, évolua au fil des siècles : au XVIe siècle (vers 1580), le manoir fut transformé en château avec des tours canonnières et un mur d’enceinte, reflétant les besoins défensifs de l’époque. Les Andlau, puis les familles de Rixheim et d’Erdmannsdorf en furent les seigneurs successifs avant son passage aux Truchsess de Rheinfelden.
En 1722, un incendie ravagea le château, nécessitant une reconstruction partielle. Au XVIIIe siècle, il appartint à Griset, puis à François Willemann, conseiller des évêques de Strasbourg, avant d’être vendu comme bien national pendant la Révolution. Transformé en exploitation agricole, il subit un nouvel incendie en 1934, ne laissant subsister que des vestiges : deux tours, un pont en pierre, et les caves abritant les traces du donjon primitif. Aujourd’hui, le domaine est dédié à la viticulture, exploité par Hubert Hartmann.
Le village d’Orschwihr, historiquement tourné vers la vigne, tira sa prospérité des crus comme le Pfingstberg ou le Rangen, cultivés depuis le Moyen Âge. Les collines bien exposées (Bollenberg, Lippelsberg) et la cour domaniale de Rouffach en firent un terroir prisé. Au XIXe siècle, le cadastre de 1828 recensait 396 propriétaires vignerons, illustrant l’ancrage viticole local. Les vins du château, primés internationalement (Vinalies, Guide Hachette), sont aujourd’hui référencés dans des restaurants étoilés en Europe, aux États-Unis et au Japon.
Les vestiges actuels, classés Monument Historique depuis 1988, incluent les façades du logis, une tour, le pont d’accès et les murs d’enceinte. Les marques de tâcherons et les caves médiévales témoignent des phases de construction successives, mêlant héritage féodal et adaptation aux usages agricoles et viticoles.
L’histoire du château est documentée par des sources locales, dont les travaux de Th. Walther (1906) ou M. Grodwohl (1973-1974), soulignant son rôle central dans l’économie viticole alsacienne. Les architectes François-Antoine Müller et Nicolas Six y laissèrent leur empreinte, notamment lors des reconstructions post-incendies.