Frise chronologique
1392
Autorisation de reconstruction
Autorisation de reconstruction
1392 (≈ 1392)
Alain de Malestroit obtient l’accord du duc Jean IV.
1526
Siège par François Ier
Siège par François Ier
1526 (≈ 1526)
Arrestation des seigneurs de Malestroit.
XVe siècle
Extension de l’enceinte
Extension de l’enceinte
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de tours et courtines défensives.
1794
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Devenu bien national puis démantelé.
1866
Classement monument historique
Classement monument historique
1866 (≈ 1866)
Protection de la tour par l’État.
1974-1984
Restauration majeure
Restauration majeure
1974-1984 (≈ 1979)
Consolidation du donjon et des enceintes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour : classement par avis de classement du 24 juillet 1866 et par liste de 1875 - Le terrain d'assiette du château avec son enceinte du XVe siècle ; les douves ; le pont d'accès (cad. AT 399, 405 (parties de douves) , 406 (terrain d'assiette du château incluant la tour du XIVe siècle) , 413 (pont d'accès et partie de douves) , 661 (partie de douves) ) : inscription par arrêté du 9 mai 2000
Personnages clés
| Alain de Malestroit - Seigneur d’Oudon |
Reconstructeur du château en 1392. |
| Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne |
Autorisa la reconstruction du château. |
| Anne de Montmorency - Gouverneur de Nantes |
Propriétaire au XVIe siècle, y reçut Charles IX. |
| François Ier - Roi de France |
Ordonna le siège en 1526. |
| Charles IX - Roi de France |
Dîna au château en 1565. |
| Victor Ruprich-Robert - Architecte en chef |
Dirigea les premières restaurations. |
Origine et histoire
Le château d’Oudon, construit entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle sur les ruines d’un ouvrage plus ancien, fut remanié au XVIe siècle et restauré aux XIXe et XXe siècles. Situé sur un affleurement rocheux surplombant la Loire, il faisait partie du dispositif défensif breton face au royaume de France avant 1491, date du mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII. Ses matériaux, schiste et gneiss avec des chaînages en tuffeau, rappellent ceux de la forteresse de Largoët, tandis que ses décors s’inspirent des châteaux de la Loire. Le donjon, haut de 32,5 mètres et surmonté d’une tourelle octogonale, symbolise à la fois une fonction résidentielle, défensive et ostentatoire.
La seigneurie d’Oudon, mentionnée dès le XIe siècle, subit plusieurs sièges en raison de sa position stratégique entre Nantes et Angers. En 1392, Alain de Malestroit obtient l’autorisation du duc Jean IV de Bretagne pour reconstruire le château, érigant un donjon entouré de murs et conservant des éléments anciens comme les pont-levis. Au XVe siècle, l’enceinte est agrandie avec des tours et des courtines, tandis qu’au XVIe siècle, des modifications achèvent la fortification ouest. Le château passe entre les mains de familles nobles comme les Montmorency et les Condé, avant d’être confisqué pendant la Révolution.
En 1794, le château devient bien national et est partiellement démantelé pour ses matériaux. Rachété par le département en 1820, il est classé monument historique en 1866, puis cédé à l’État en 1881. Des restaurations majeures ont lieu entre 1974 et 1984, notamment la reconstruction de l’escalier à vis du donjon pour son 600e anniversaire. Aujourd’hui, la tour et ses abords (enceinte, douves, ponts) sont protégés, témoignant de son importance historique et architecturale.
Le château est lié à des événements marquants, comme le siège de 1526 ordonné par François Ier pour arrêter les seigneurs de Malestroit, coupables de faux-monnayage et de meurtre. Il accueille aussi le roi Charles IX en 1565, invité par Anne de Montmorency. Son histoire reflète les tensions entre la Bretagne et la France, ainsi que les enjeux politiques et militaires de la région.
Les matériaux et la structure du château révèlent une dualité entre fonction défensive et résidence seigneuriale. Les mâchicoulis ornés de motifs tréflés, les murs épais de 3 mètres et la tour polygonale percée de baies ouvrant sur la Loire illustrent cette ambivalence. Les vestiges conservés, comme la tour sud-ouest et les courtines, permettent de retracer son évolution architecturale sur près de sept siècles.