Origine et histoire du Château d'Oudon
Le château d'Oudon est une fortification située sur un promontoire rocheux dominant la vallée de la Loire, à Oudon en Loire‑Atlantique, à quelques centaines de mètres au nord du confluent avec le Hâvre. Son emplacement, proche de l'ancienne frontière franco‑bretonne, contrôlait les liaisons terrestres et fluviales entre Nantes et Angers et en faisait un point stratégique et très disputé. Une seigneurie existait déjà au XIe siècle au même emplacement et le site subit plusieurs sièges, notamment en 1147, en 1214 et lors des campagnes de Saint Louis en 1230 et 1234. La seigneurie passa aux Châteaugiron puis, par alliances, aux Malestroit ; en 1392 Alain de Malestroit obtint de Jean IV, duc de Bretagne, la licence pour reconstruire le château. La reconstruction entreprise à partir de 1392 aboutit à l'édification d'un donjon polygonal élevé sur les ruines d'un ouvrage antérieur, entouré d'une enceinte et de deux ponts‑levis au nord et au sud. La tour, conçue à la fois comme résidence, forteresse et signe d'apparat, est percée de larges baies ouvertes sur la Loire et dotée d'installations défensives comme des courtines et des chemins de ronde. Bâtie en schiste et gneiss avec des chaînages en tuffeau, elle présente des mâchicoulis ornés de motifs tréflés et des caractéristiques comparables à celles du donjon du Largoët, tout en empruntant des décors aux châteaux de la Loire. La tour mesure 32,5 mètres de hauteur, surmontée d'une tourelle octogonale de 7,45 mètres, et ses murs atteignent trois mètres d'épaisseur. Au cours du XVe siècle, l'enceinte fut agrandie : à l'est, une courtine reliait l'entrée nord aux défenses du donjon et, à l'ouest, une nouvelle muraille fut édifiée au‑delà du fossé antérieur ; au XVIe siècle la courtine ouest fut achevée en reprenant, dans sa partie nord, un élément de fortification du XIe siècle. Vers le sud, les remparts se prolongeaient vers la Loire ; il ne subsiste que des vestiges de la tour sud‑ouest. En 1526 le château fut brièvement assiégé par des soldats de François Ier pour arrêter Jean et Julien de Malestroit ; après l'exécution des coupables la seigneurie fut confisquée puis transmise successivement à Raoul du Juch, à la famille du Bellay puis, vers 1553, à Anne de Montmorency, qui y reçut le roi Charles IX en octobre 1565. Par héritage, la propriété passa ensuite à la maison de Condé et resta dans cette famille jusqu'en 1789, sans être occupée. Confisqué pendant la Révolution en 1794 et vendu comme bien national en 1807, le domaine fut morcelé et partiellement démantelé par des acquéreurs locaux qui utilisèrent les matériaux pour récupérer pierres et éléments de charpente. Le département acquit le site en 1820 ; la tour fut classée au titre des monuments historiques en 1866 puis à nouveau en 1875, et le conseil général céda le château à l'État en 1881. L'architecte en chef des Monuments historiques Victor Ruprich‑Robert fit restaurer la toiture, les murs et les fenêtres de la tour, mais l'édifice resta sans entretien pendant près d'un siècle. Des travaux de consolidation des murs d'enceinte et de maçonneries du donjon furent menés entre 1974 et 1984, puis un projet de mise en valeur lancé en 1989 permit de rendre l'intérieur du donjon accessible par la reconstruction de l'escalier à vis et la pose de planchers aux étages. La tour est classée monument historique et, en 2000, le terrain, les parties d'enceinte du XVe siècle, les ponts d'accès et les douves ont été inscrits.