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Château d'Oudon en Loire-Atlantique

Château d'Oudon

    11 Rue du Pont Levis
    44521 Oudon

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1392
Autorisation ducale de reconstruction
1491
Rattachement de la Bretagne à la France
Fin XIVe – début XVe siècle
Construction du château actuel
1526
Siège par François Ier
1553
Acquisition par Anne de Montmorency
1866
Classement monument historique
1974–1984
Restauration majeure du donjon
2000
Inscription des enceintes et douves
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Alain de Malestroit - Seigneur d’Oudon et constructeur Rebâtit le château en 1392 avec autorisation ducale.
Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne Accorde la licence de reconstruction en 1392.
Jean II de Châteaugiron - Frère d’Alain de Malestroit Inspiration du donjon (lien avec Largoët).
Anne de Montmorency - Gouverneur de Nantes et propriétaire Achète le château en 1553 et y reçoit Charles IX.
François Ier - Roi de France Ordre le siège de 1526 pour arrêter les Malestroit.
Henri II de Montmorency - Dernier seigneur résident Exécuté en 1632, causant la confiscation du château.

Origine et histoire

Le château d’Oudon est un ouvrage fortifié construit entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle sur les vestiges d’une ancienne forteresse du XIe siècle. Situé sur un éperon rocheux surplombant la Loire, à proximité de l’ancienne frontière franco-bretonne, il faisait partie du système défensif du duché de Bretagne avant son rattachement à la France en 1491. Son donjon de 32,5 mètres, inspiré des forteresses bretonnes comme Largoët mais orné de motifs rappellant les châteaux de la Loire, symbolise cette double influence architecturale. Les murs épais et les mâchicoulis décorés témoignent de sa vocation à la fois militaire et résidentielle.

La seigneurie d’Oudon, souvent disputée en raison de sa position stratégique, passe entre les mains de familles bretonnes influentes. En 1392, Alain de Malestroit obtient l’autorisation du duc Jean IV de Bretagne pour reconstruire le château, en échange de la destruction de la forteresse de Vieille-Court. Au XVe siècle, l’enceinte est agrandie avec des tours et des courtines, tandis qu’au XVIe siècle, des remaniements achèvent la courtine ouest, intégrant un vestige du XIe siècle. Le château est brièvement assiégé en 1526 par les troupes de François Ier pour arrêter les seigneurs de Malestroit, coupables de faux-monnayage et de meurtre.

Après la confiscation par la couronne en 1526, le château change plusieurs fois de mains : racheté par Anne de Montmorency en 1553, il accueille même le roi Charles IX en 1565. Au XVIIe siècle, il entre dans la maison de Condé mais tombe en désuétude. Pendant la Révolution, il est vendu comme bien national et partiellement démantelé pour ses matériaux. Classé monument historique en 1866, il est restauré au XIXe siècle, puis entre 1974 et 1984, où son donjon est consolidé et rendu accessible. Aujourd’hui, il illustre l’évolution des fortifications entre Moyen Âge et Renaissance.

Le château est construit en schiste et gneiss, avec des chaînages en tuffeau, typiques des ressources locales. Son donjon, entouré d’une enceinte conservant deux pont-levis médiévaux, domine un site où subsistent des vestiges des XIe et XVe siècles. Les douves et les remparts, partiellement disparus, rappellent son rôle de verrou militaire sur la Loire. Les restaurations successives ont permis de préserver ce témoin des conflits entre Bretagne et France, ainsi que des transformations architecturales liées à son passage d’une fonction défensive à un lieu de résidence seigneuriale.

Les fouilles et études historiques révèlent que le site a subi plusieurs sièges avant le XIVe siècle, notamment par Henri II Plantagenêt (1147) et Jean sans Terre (1214), puis par Saint Louis (1230 et 1234). Ces assauts soulignent son importance pour contrôler les voies entre Nantes et Angers. La seigneurie, transmise par alliances matrimoniales (notamment via les Châteaugiron et Malestroit), reflète les stratégies politiques des familles bretonnes. Après 1491, le château perd son rôle militaire mais reste un symbole du pouvoir seigneurial, avant de devenir un enjeu patrimonial à partir du XIXe siècle.

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