Origine et histoire du Château d'Ouge
Le château d'Ouge, décrit en 1665 comme une « maison seigneuriale », se compose de trois tours percées d’embrasures de tir : deux rondes et une octogonale abritant un escalier à vis. La porte d’entrée, surmontée d’une bretèche appelée « assommoir », donne accès à cet escalier. Au XVIIe siècle, l’édifice fut agrandi par un pavillon sud et une chambre à four à l’ouest, adjonctions détruites au XIXe siècle. Le château, construit à partir de 1553 par Jehan de Thon, resta dans cette famille de vieille chevalerie barroise pendant 130 ans.
À la fin du XVIIe siècle, le château passa à Pierre de Thon, docteur en théologie et curé d’Osselle. À sa mort (avant 1685), la seigneurie échoit à Charles de Champagne, arrière-petit-neveu de Louise de Champagne, épouse de Girard de Thon en 1593. Charles de Champagne vendit le domaine en 1697 à Louis Madroux, prévôt de Vesoul, qui le céda à Jean-Étienne de Montessus. La famille Montessus conserva le château jusqu’en 1830, date du décès de la dernière comtesse comtoise. En 1833, Patrice de Montessus, comte de Rully, héritier de la branche bourguignonne, revendit le château à Charles-Auguste Leroy de Lisa, ancien maire de Vesoul.
Le château changea plusieurs fois de mains au XIXe siècle : racheté en 1838 par Jean-Baptiste et Jeanne-Marie Sol, agriculteurs locaux, il fut revendu en 1849 à Pierre-Nicolas Dupuis, négociant parisien, et à son épouse Thérèse-Angélique Paulmard. Ces derniers restaurèrent le toit, les ouvertures et reconstruisirent les communs (« hébergeages »). Le château resta dans la famille Paulmard pendant quatre générations. Épargné par l’incendie du village en 1636, il fut occupé par des officiers étrangers lors des conflits de 1814, 1815, 1870 et 1940-1943.
Classé monument historique en 1989 pour ses tours et sa façade Est, le château bénéficia d’une protection étendue en 2021 à l’ensemble de ses façades et toitures. Depuis 1980, il appartient à Bernard Bajolet, ambassadeur de France et ancien directeur de la DGSE (2013-2017).