Frise chronologique
1218
Première mention d'une ferme
Première mention d'une ferme
1218 (≈ 1218)
Fondation attestée à Oursières par Guillaume de Gémages.
1604-1620
Construction du château
Construction du château
1604-1620 (≈ 1612)
Commandé par François-Jacques de Mauduison et sa famille.
1er septembre 1707
Bénédiction d'une chapelle
Bénédiction d'une chapelle
1er septembre 1707 (≈ 1707)
Fondée par dame Francine, disparue aujourd’hui.
XVIIIe siècle
Développement de l'élevage
Développement de l'élevage
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ajout de la jumenterie et du pavillon sud.
1869
Construction d'un colombier et d'une volière
Construction d'un colombier et d'une volière
1869 (≈ 1869)
Réalisée par Jules Marchandon, convertie en orangerie.
8 juin 1989
Classement Monument historique
Classement Monument historique
8 juin 1989 (≈ 1989)
Protection des façades, toitures et éléments remarquables.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment principal, sauf pavillon en retour au Sud-Est ; appui en fer forgé du balcon de la façade principale au Sud-Ouest ; deux tours face au château ; portail avec sa grille et ses deux piliers ; mur et fossé reliant les tours au portail (cad. ZV 23) : inscription par arrêté du 8 juin 1989
Personnages clés
| François-Jacques de Mauduison - Trésorier de la collégiale Saint-Jean de Nogent |
Commanditaire principal du château au XVIIe siècle. |
| Dame Francine - Fondatrice de la chapelle |
Bénie en 1707, aujourd’hui disparue. |
| Marie-Antoinette de Meaussé - Épouse de Nicolas Charles de Mauduison |
Rachète le château après la Révolution. |
| Jules Marchandon - Propriétaire au XIXe siècle |
Construisit colombier et volière en 1869. |
| Philippe Simon - Propriétaire actuel |
Mène la restauration depuis les années 2000. |
Origine et histoire
Le château d’Oursières, situé à Argenvilliers en Eure-et-Loir, est un édifice de style classique construit entre la seconde moitié du XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Il adopte un plan rectangulaire symétrique, avec un corps central flanqué de deux pavillons carrés, chacun surmonté d’un fronton triangulaire. La façade principale, ordonnancée à onze travées, met en valeur un avant-corps central en pierre de taille, encadré de piliers et surmonté d’un fronton cintré. L’entrée donne accès à un escalier monumental en bois, tandis qu’un troisième pavillon, plus récent, complète l’ensemble au sud. Les matériaux utilisés – calcaire pour les façades, grès pour les soubassements – et les toits en ardoise ou tuile plate reflètent les techniques constructives de l’époque.
Le domaine s’étend autour du château, incluant des dépendances fonctionnelles comme une jumenterie (grange et écuries ornées de têtes de chevaux en céramique), deux colombiers (l’un circulaire conservant ses boulins et son escalier en bois, l’autre carré avec une ancienne volière transformée en orangerie), ainsi qu’une glacière maçonnée en sous-bois. Deux tours rondes et une tour carrée délimitent la propriété, ceinte de douves et accessible par un portail en grès « roussard » surmonté d’une grille en fer forgé aux initiales entrelacées (PDM). L’ensemble illustre l’organisation typique d’un domaine seigneurial, alliant résidence aristocratique et exploitations agricoles.
L’histoire du site remonte à 1218, avec l’attestation d’une ferme à Oursières, mais c’est au début du XVIIe siècle que la famille Mauduison, conseillers du roi, entreprend la construction du château. François-Jacques de Mauduison, trésorier de la collégiale Saint-Jean de Nogent, en est le principal commanditaire. Le domaine, qui s’étendait alors sur 300 hectares (contre 17 aujourd’hui), comptait cinq fermes et une chapelle, bénie en 1707 mais aujourd’hui disparue. Au XVIIIe siècle, les Mauduison y développent un élevage de chevaux, ajoutant la jumenterie et un pavillon sud. Confisqué à la Révolution, le château est racheté par Marie-Antoinette de Meaussé, épouse du dernier héritier émigré. Il passe ensuite entre les mains des familles Mondésir, Marchandon (responsables de la construction d’un nouveau colombier et d’une orangerie en 1869), Montéage, puis Morgan.
Classé Monument historique depuis 1989 pour ses façades, toitures, tours, portail et fossés, le château d’Oursières fait l’objet depuis les années 2000 d’une campagne de restauration menée par son propriétaire actuel, Philippe Simon. Ce patrimoine témoigne à la fois de l’architecture classique française et de l’évolution d’un domaine seigneurial sur près de quatre siècles, marqué par des adaptations fonctionnelles et des changements de propriétaires reflétant les bouleversements historiques nationaux.