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Château d'Ultrère dans les Pyrénées-Orientales

Château d'Ultrère

  • Argelès-sur-Mer
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Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
673
Première mention écrite
vers 1000
Construction de la chapelle
1344
Prise aragonaise
1659
Traité des Pyrénées
1675
Destruction du château
1900
Expérience scientifique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Wamba - Roi wisigoth Prit le château en 673.
Jeanne de Vilaplana - Dame de Béarn Ordonna la destruction en 1675.
Padre Himalaya - Savant portugais Expérimenta un four solaire en 1900.
Bernard - Chapelain majeur (1100) Mentionné dans le Cartulaire d'Elne.

Origine et histoire

Le château d'Ultrère, aussi appelé Ultrera ou Oltrera en catalan, est un château fort aujourd’hui en ruines, situé à 571 mètres d’altitude sur un éperon rocheux du massif des Albères. Son nom, dérivé du latin Castrum Vulturarium (« château du Vautour »), évoque son accès difficile et son rôle historique de repaire difficilement accessible. Bien que des traces d’occupation romaine soient supposées (liées aux guerres de Sertorius, Pompée et Jules César entre 82 et 47 av. J.-C.), la majorité des vestiges datent de la période wisigothique (VIe–VIIe siècles). Le site fut mentionné pour la première fois en 673, lors de sa prise par le roi wisigoth Wamba contre les partisans du duc Paul, autoproclamé roi de Septimanie.

Au Moyen Âge, le château fut rattaché à la seigneurie de Sorède, dont les seigneurs portaient le titre de « Seigneurs de Sorède et Ultrera ». Une chapelle romane dédiée à la Vierge, construite vers l’an 1000, en fit un lieu de pèlerinage puis un ermitage. Entre les XVe et XVIe siècles, le site semble abandonné par sa garnison, ne laissant qu’un ermite comme occupant. En 1344, le château fut pris par les Aragonais lors des conflits entre Jacques de Majorque et la couronne d’Aragon. Les guerres franco-espagnoles du XVIIe siècle lui redonnèrent brièvement un rôle militaire, avant sa destruction en 1675 sur ordre de Jeanne de Vilaplana, épouse de Gaston de Foix, pour éviter toute résistance pro-espagnole après le traité des Pyrénées (1659).

La destruction systématique inclut la chapelle, dont les éléments (portail en marbre, cloches, Vierge et retable) furent réutilisés pour construire l’ermitage Notre-Dame du Château en contrebas. Le retable et la Vierge, classés Monuments Historiques, y sont toujours visibles. Aujourd’hui, le site attire randonneurs, grimpeurs (une centaine de voies d’escalade équipées) et parapentistes, tout en conservant des vestiges archéologiques témoignant de son passé stratégique. Une partie du domaine est cependant interdite d’accès depuis un arrêté municipal de 2017.

L’étymologie du château, liée aux vautours (vultur en latin), reflète à la fois sa position isolée et son histoire tourmentée. Les fouilles et sources écrites, comme les travaux de l’abbé Christofeul (XIXe siècle), soulignent son importance dans la défense du Roussillon, entre influences romaines, wisigothiques et médiévales. Le savant portugais Padre Himalaya y mena même des expériences avec un four solaire en 1900, ajoutant une touche scientifique à son héritage.

Liens externes

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