Frise chronologique
1085
Première mention écrite
Première mention écrite
1085 (≈ 1085)
Motte castrale en bois citée par l'évêque de Grenoble.
1496
Érection en baronnie
Érection en baronnie
1496 (≈ 1496)
Charles VIII anoblit la seigneurie pour Soffrey Alleman.
1630
Vente à Thomas Boffin
Vente à Thomas Boffin
1630 (≈ 1630)
Fin de la lignée des Alleman comme barons.
1942
Réquisition militaire
Réquisition militaire
1942 (≈ 1942)
Accueil d’Écoles de Cadres sous Vichy.
1988-1990
Protection Monument Historique
Protection Monument Historique
1988-1990 (≈ 1989)
Classement partiel puis inscription définitive.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, sauf parties classées (cad. AB 115, 116, 117) : inscription par arrêté du 14 septembre 1988 ; Façades et toitures du château ; à l'intérieur : grande pièce à rez-de-jardin, dite l'Orangerie (cad. AB 115, 116, 117) : classement par arrêté du 6 février 1990
Personnages clés
| Soffrey Alleman - Baron d'Uriage |
Obtient l'érection en baronnie en 1496. |
| Saint-Hugues - Évêque de Grenoble |
Mentionne la motte castrale en 1085. |
| Nicolas-François de Langon - Député aux États Généraux |
Propriétaire du château en 1789. |
| Louis de Saint-Ferriol - Héritier du domaine |
Propriétaire au XIXe siècle via sa tante. |
Origine et histoire
Le château d’Uriage trouve ses origines au XIe siècle sous la forme d’une motte castrale en bois, mentionnée pour la première fois en 1085 dans les écrits de Saint-Hugues, évêque de Grenoble. Appartenant à la puissante famille dauphinoise des Alleman, il évolue en château de pierre. En 1496, Soffrey Alleman obtient du roi Charles VIII l’érection de la seigneurie d’Uriage en baronnie, probablement en récompense de services rendus à la couronne. Ce statut marque le début d’une période de prestige pour le domaine, bien que les transformations architecturales majeures datent surtout des XVe, XVIe et XIXe siècles.
Au XVIIe siècle, le château change de mains à plusieurs reprises : cédé en 1630 à Thomas Boffin, il passe en 1659 à la famille Langon par mariage. Nicolas-François de Langon, député aux États Généraux de 1789, en est l’un des propriétaires les plus notables. En 1797, le domaine est transmis par alliance à la famille de Gauteron (ou Gautheron), puis hérité par Louis de Saint-Ferriol au XIXe siècle. Ces successions reflètent les alliances et le poids politique des familles nobles dauphinoises.
Le XXe siècle marque un tournant pour le château : réquisitionné par l’armée en 1942, il abrite trois « Écoles de Cadres » sous le régime de Vichy. Après la guerre, il est vendu en 1968 à un particulier et devient une propriété privée, fermée au public sauf lors des Journées du Patrimoine. Ses archives, conservées aux Archives départementales de l’Isère, témoignent de son riche passé. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1988 et 1990, il incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois militaire, seigneurial et résidentiel.
Architecturalement, le château s’organise autour d’une cour carrée, avec trois corps de logis flanqués de tours rondes, dont une sert de donjon. Bien que des éléments du XIe siècle puissent subsister, la majorité des structures visibles datent des remaniements des XVe et XIXe siècles. L’Orangerie, pièce remarquable en rez-de-jardin, fait partie des éléments classés. Son emplacement stratégique, sur une colline dominant la vallée et la station thermale d’Uriage-les-Bains, souligne son rôle historique de contrôle et de prestige.
La protection du château s’étend aux façades, toitures et à l’Orangerie, classées en 1990, tandis que le reste du domaine est inscrit depuis 1988. Bien que propriété privée, il ouvre exceptionnellement ses portes lors des Journées du Patrimoine, grâce à l’action conjointe de l’office de tourisme local et d’une association dédiée à la sauvegarde du patrimoine. Ces initiatives permettent de perpétuer la mémoire d’un site marqué par mille ans d’histoire, des seigneurs médiévaux aux enjeux du XXe siècle.