Frise chronologique
1341
Construction du premier château
Construction du premier château
1341 (≈ 1341)
Autorisation d’Édouard III pour Martin de Tartas.
1497
Destruction par Marie de Sault
Destruction par Marie de Sault
1497 (≈ 1497)
Incendie après un conflit successoral.
1505
Reconstruction autorisée
Reconstruction autorisée
1505 (≈ 1505)
Louis XII permet à Louis de Montréal de rebâtir.
1574
Mariage unifiant les familles
Mariage unifiant les familles
1574 (≈ 1574)
Fin des litiges entre Montréal et Alzate.
1654
Érection en vicomté
Érection en vicomté
1654 (≈ 1654)
Salvat d’Alzate obtient le titre vicomtal.
1745
Transformations majeures
Transformations majeures
1745 (≈ 1745)
Création du parc et ajouts classiques.
1974
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1974 (≈ 1974)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et de sa porterie (cad. D 206) : inscription par arrêté du 19 avril 1974 - En totalité, le château d'Urtubie avec les courtines, la terrasse et son escalier d'accès, le bâtiment abritant la chapelle et les cours intérieures (cad. AX 79) : inscription par arrêté du 18 août 2016
Personnages clés
| Martin de Tartas - Seigneur et fondateur |
Obtient l’autorisation de construire en 1341. |
| Marie de Sault d’Urtubie - Héritière rebelle |
Brûle le château en 1497. |
| Louis de Montréal - Reconstructeur |
Rebâtit le château en 1505. |
| Salvat d’Alzate - Premier vicomte |
Titre obtenu en 1654. |
| Louis XI - Roi de France |
Séjourne au château en 1463. |
| Pierre de Lalande - Rénovateur du XVIIIe |
Transforme le château en 1745. |
Origine et histoire
Le château d’Urtubie, situé à Urrugne près de Saint-Jean-de-Luz, trouve ses origines en 1341 lorsque Martin de Tartas obtient du roi Édouard III d’Angleterre (alors duc d’Aquitaine) l’autorisation de construire un château de pierre pour protéger la frontière. Ce premier édifice, doté d’un donjon, de murailles et de fossés, fut détruit en 1497 par Marie de Sault d’Urtubie après un conflit successoral avec son époux Jean de Montréal. Le roi Louis XII autorisa sa reconstruction en 1505, confiée à Louis de Montréal, fils de Jean, qui érigea un nouveau château sur les ruines du précédent.
Au XVIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains à travers des alliances matrimoniales et des procès. En 1574, le mariage entre Jean d’Alzate et Aimée de Montréal mit fin aux litiges familiaux, et leur descendant Salvat d’Alzate obtint en 1654 l’érection d’Urtubie en vicomté. Le château abritait déjà une riche collection de tapisseries, dont une tenture flamande offerte en remerciement pour l’hospitalité accordée à la cour de Louis XIV lors des négociations du Traité des Pyrénées (1660).
Une campagne majeure de rénovation eut lieu en 1745 sous Pierre de Lalande et son épouse Ursule d’Alzate, transformant le château : comblement des douves pour créer un parc à l’anglaise, ajout d’une aile sud, d’une orangerie, et d’un escalier Louis XV. Les intérieurs furent enrichis de meubles d’époque (Empire, Boulle) et de décors baroques, comme la chapelle à charpente navale. Le château, classé Monument Historique depuis 1974, reste propriété de la famille de Coral depuis 1893, après être passé par les mains des Larralde et Labat au XIXe siècle.
Parmi les éléments remarquables, le donjon du XIVe siècle subsiste partiellement, tout comme les tours de la porterie et des fragments de courtines. L’intérieur conserve des tapisseries des XVIe et XVIIIe siècles, des portraits familiaux, et une salle de bains du Premier Empire alimentée par une source découverte en 1830. Le château fut aussi le théâtre d’un séjour de Louis XI en 1463, lors d’une médiation entre les rois de Castille et d’Aragon.
L’architecture reflète ces strates historiques : le corps de logis en L associe des vestiges médiévaux (meurtrières, chemin de ronde) à des ajouts classiques (lucarnes, rampe en fer forgé). Les fossés, partiellement comblés, laissent place à une pièce d’eau près de l’ancienne ferme Larraldenia, construite en 1845. Le domaine, ouvert au public, illustre l’évolution d’une seigneurie basque en résidence aristocratique, marquée par les conflits frontaliers et les stratégies matrimoniales.