Frise chronologique
1752
Construction initiale
Construction initiale
1752 (≈ 1752)
Achat du terrain par Abraham van Robais
1765
Transformation en résidence
Transformation en résidence
1765 (≈ 1765)
Ajout d’un attique pour chambres
1793
Vente aux Roze
Vente aux Roze
1793 (≈ 1793)
Fin de l’ère van Robais
1810
Acquisition par les de Wailly
Acquisition par les de Wailly
1810 (≈ 1810)
Agrandissement du parc et comble
1926 et 1946
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 et 1946 (≈ 1946)
Protection maison puis jardins
1963
Prix des Chefs-d’œuvre en péril
Prix des Chefs-d’œuvre en péril
1963 (≈ 1963)
Restauration post-guerre par Jacques de Wailly
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Abraham van Robais - Industriel et commanditaire |
Fonda la folie en 1752 |
| Josse van Robais - Drapier flamand |
Installé à Abbeville par Colbert |
| François-Gabriel de Wailly - Propriétaire au XIXe siècle |
Agrandit parc et comble |
| Jacques de Wailly - Architecte-paysager |
Restaura après 1945 |
| Marie-Antoinette - Inspiratrice décorative |
Cadeau ayant influencé le salon |
| Jean de Kalb - Héros américain |
Époux d’une van Robais, célébré |
Origine et histoire
Le château de Bagatelle fut initialement construit en 1752 par Abraham van Robais, héritier d’une dynastie de drapiers protestants flamands installés à Abbeville sous Colbert. À l’origine, ce pavillon de plaisance, appelé « bagatelle » ou « folie », ne comptait que quatre pièces sans fondations ni cave, conçu pour recevoir les clients de la manufacture des Rames. Son architecture légère, avec un toit-terrasse orné de statues et des façades percées de larges baies, reflétait le style Louis XVI naissant.
Vers 1765, le bâtiment fut surélevé d’un attique pour y ajouter des chambres, le transformant en résidence habitable. En 1793, les van Robais, dont le monopole textile n’avait pas été renouvelé en 1768, vendirent le château à Pierre-François Roze, puis à François-Gabriel de Wailly en 1810. Ce dernier fit aménager le comble « à la Mansart » et agrandir le parc, qui devint un lieu de rencontre pour des musiciens comme Saint-Saëns ou Erik Satie, invités par Paul de Wailly.
Le château subit des dommages pendant la Seconde Guerre mondiale (un obus tomba sur l’aile nord sans exploser), mais fut restauré par Jacques de Wailly, qui reçut en 1963 un prix des Chefs-d’œuvre en péril des mains d’André Malraux. Classé Monument Historique en 1926 (maison) et 1946 (jardins), il abrite un salon d’été aux boiseries pompéiennes inspirées d’un cadeau de Marie-Antoinette, et un parc mêlant jardin à la française (boulingrin, tilleuls) et jardin à l’anglaise (arbres remarquables, topiaires).
La famille de Wailly conserva Bagatelle près de deux siècles avant de le vendre en 1998. Depuis 2018, il appartient à Christophe Carbonnier-Pauwels, qui poursuit les travaux de restauration. Le domaine, ouvert au public, témoigne de l’alliance entre patrimoine industriel (manufacture des Rames), architectural (folie du XVIIIe siècle) et paysager (parc botanique).