Origine et histoire du Château de Bagneux
Le château de Bagneux, situé à Bournan (Indre-et-Loire), est un château fort construit entre le XIIIe et le XVe siècle. Il se distingue par sa base carrée entourée de quatre tours d’enceinte, dont deux subsistent aujourd’hui, coiffées de toits coniques en ardoise dits « en poivrière ». Ces tours conservent leurs mâchicoulis, tandis que les fenêtres à meneaux, percées dans les façades et les tours, témoignent d’une double vocation : militaire et résidentielle. Le domaine, anciennement nommé Baniolus (816) puis Bagneux de Bournan (XVIIe siècle), relevait du fief de Sainte-Maure. Guillaume de Beygnoux (ou de Bagneux), premier seigneur connu, y vivait en 1331.
La forteresse passa ensuite entre les mains de la famille du Puy, avant d’être transmise à Louis de Bourbon, fils naturel du duc Charles Ier de Bourbon et de Jeanne du Puy. Par mariage, la terre échoit à Jean, seigneur du Fau, maître d’hôtel du roi, via Jeanne de Bourbon, demi-sœur de Louis. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les familles de Benais, Le Fèvre de Caumartin, de la Varenne et Dangé d’Orsay se succédèrent comme seigneurs des lieux. Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1927, fut également le théâtre d’un événement marquant en 1912 : le président Armand Fallières y assista aux grandes manœuvres de l’Ouest, avant d’y recevoir le Grand-Duc Nicolas de Russie.
Architecturalement, le château communiquait autrefois par signaux lumineux avec Loches ou la tour de Galles, selon la tradition. La tour nord, plus élevée, permettait une vue jusqu’aux forteresses voisines. Les mâchicoulis, intacts sur les deux tours restantes et partiellement conservés le long du chemin de ronde, rappellent son rôle défensif. Au XIXe siècle, le site subit des dégradations : un escalier de pierre fut détruit vers 1830, et un incendie provoqué par la foudre ravagea les greniers vers 1850. Les deux autres tours, aujourd’hui rasées, complétaient à l’origine ce quadrilatère fortifié.
Le château de Bagneux illustre l’évolution des châteaux forts en résidences seigneuriales, tout en gardant des traces de leur fonction militaire initiale. Son inscription au titre des Monuments Historiques en 1927 souligne son importance patrimoniale, liée à son architecture hybride et à son histoire mouvementée, marquée par des figures nobles et des événements nationaux.