Frise chronologique
vers 1780
Construction initiale
Construction initiale
vers 1780 (≈ 1780)
Château bâti par Liégeon pour Testu de Balincourt.
1803
Acquisition par Beurnonville
Acquisition par Beurnonville
1803 (≈ 1803)
Rachat par le maréchal de France.
1908
Rénovations par Léopold II
Rénovations par Léopold II
1908 (≈ 1908)
Modernisation pour Blanche Delacroix.
1915
Achat par Zaharoff
Achat par Zaharoff
1915 (≈ 1915)
Transformations architecturales et paysagères.
27 février 1989
Classement MH
Classement MH
27 février 1989 (≈ 1989)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : façades et toitures ; parc avec ses pièces d'eau et ses parties construites (cad. Arronville E 312 à 318, 320 à 323, 332, 377 ; Menouville B 77 à 85, 100, 101) : inscription par arrêté du 27 février 1989
Personnages clés
| Denis-Claude Liégeon - Architecte |
Concepteur du château et du parc. |
| Charles-Louis Testu de Balincourt - Commanditaire initial |
Maréchal de camp, premier propriétaire. |
| Léopold II - Roi des Belges |
Finance les rénovations de 1908. |
| Blanche Delacroix - Propriétaire (baronne de Vaughan) |
Bénéficiaire des transformations luxueuses. |
| Sir Basil Zaharoff - Financier et marchand d’armes |
Propriétaire à partir de 1915. |
| Raffaele Mainella - Paysagiste et architecte |
Auteur des fabriques de jardin. |
Origine et histoire
Le château de Balincourt est construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, vers 1780, par l’architecte Denis-Claude Liégeon pour Charles-Louis Testu de Balincourt, maréchal de camp, et son épouse Anne Alexandrine de Bernard. Liégeon, architecte des Menus-Plaisirs, conçoit également le parc, l’orangerie et la chapelle, faisant de ce château son œuvre la plus aboutie. La façade originelle, ornée d’un péristyle colossal de colonnes ioniques et d’une chapelle ovale, est décrite avec admiration par Jacques-Antoine Dulaure en 1786. Une statue monumentale du maréchal de Balincourt, oncle du commanditaire, est érigée dans le parc, complétant cet ensemble prestigieux.
Sous la Révolution, les propriétaires sont exécutés, et le domaine passe en 1803 au maréchal Pierre Riel de Beurnonville, qui y introduit des aménagements intérieurs de style Empire. Sa veuve, Félicité de Durfort, perpétue ces transformations jusqu’à sa mort en 1870. Le château change ensuite de mains avant d’être acquis en 1908 par le roi Léopold II de Belgique, qui l’offre à sa maîtresse, Blanche Delacroix. Ce dernier entreprend des rénovations majeures, modernisant les intérieurs et ajoutant des éléments de confort luxueux, comme une piscine en sous-sol et une chapelle grecque, sous la direction de l’architecte Charles Girault.
En 1915, le domaine est vendu à Sir Basil Zaharoff, marchand d’armes et financier, qui y apporte des modifications architecturales et paysagères avec l’aide de l’architecte Nikolaos Zahos et du paysagiste Raffaele Mainella. Ce dernier, surnommé le « mage des jardins », enrichit le parc de fabriques pittoresques (tour gothique, loggia mauresque) et réaménage l’orangerie et la chapelle. Les jardins à la française s’ornent de sculptures italiennes et d’aménagements hydrauliques, tandis que la façade sur le parc est transformée. À la mort de Zaharoff, le château est transmis à sa belle-fille, Maria de los Angelos de Borbón, puis à ses descendants, qui y célèbrent plusieurs mariages au XXe siècle.
Le château, classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1989, illustre une fusion harmonieuse des styles du XVIIIe siècle et des transformations du début du XXe siècle. Son architecture classique, marquée par des colonnes ioniques et des frontons sculptés, coexiste avec des ajouts antiquisants, comme la colonnade en arc-de-cercle inspirée de l’Érechthéion. Les intérieurs, meublés par la maison Jansen pour Léopold II, et les extérieurs, enrichis par Mainella, témoignent de son histoire mouvementée, entre fastes aristocratiques, intrigues politiques et héritages industriels.