Origine et histoire du Château de Barbarin
Le château de Barbarin est une ancienne maison forte érigée au XIVe siècle sur les hauteurs de Revel (aujourd’hui Revel-Tourdan, Isère). Construite en pierre de molasse et galets, cette tour quadrangulaire servait d’abord d’observatoire militaire pour surveiller la plaine de la Bièvre et alerter le château voisin de Revel. Son fondateur, François de Revel, seigneur du fief, en fit un point stratégique lié à la famille de Revel, détentrice des lieux depuis 1077. La structure initiale, sur fossé sec, évoluera avec des adjonctions successives jusqu’au XVIIIe siècle.
Au XVe siècle, la maison forte est agrandie par Josserand de Saussac et son épouse Marie de Rousillon, qui ajoutent une haute et basse cour ainsi que deux salles peintes. Le site passe ensuite entre les mains de la famille de Saint-Julien : en 1566, Octavien Emé de Saint-Julien, président du parlement du Dauphiné, y appose sa marque architecturale avec une tour ronde et une cour, malgré un long procès pour sa possession. Les décorations intérieures (stucs, peintures murales rouge orangé) datent partiellement de cette époque.
Les XVIIe–XVIIIe siècles transforment Barbarin en domaine d’agrément. Laurent Joseph Emé de Saint-Julien perce 23 fenêtres sur la façade sud, aménage des jardins en terrasses et construit une grange à trois nefs (1728–1732). Vendue en 1745 pour 500 000 livres à Pierre Hilaire de Lamalétie, trésorier de France, la propriété change plusieurs fois de mains avant d’être scindée en 1984 : le château est alors séparé de ses terres pour la première fois. Après des décennies d’abandon, il est restauré depuis 1993 par Philippe Seigle, qui y développe des activités culturelles et touristiques.
Aujourd’hui propriété privée ouverte au public, Barbarin est protégé depuis 2011 (inscription MH pour ses façades, toitures, escalier et peintures du premier étage). L’association Gens de Barbarin y organise visites, chambres d’hôtes et animations, intégrant le site au réseau des châteaux Alpes-Isère et aux Journées du Patrimoine. Son histoire reflète les mutations d’une maison forte, du moyen âge à la Renaissance, en passant par son rôle de résidence seigneuriale puis de domaine agricole.
Architecturalement, le château conserve des traces de ses phases successives : la tour quadrangulaire médiévale (XIVe), le logis rectangulaire (XVe), et la tour d’angle défensive (avant 1586) avec bouches à feu. Les intérieurs révèlent un plafond à la française, des stucs, et des peintures murales redécouvertes en 2009. Les dépendances (grange, écurie, colombier) témoignent de son passé agricole, tandis que les jardins et pavillons illustrent son âge classique.