Frise chronologique
XIe siècle
Premier château (motte castrale)
Premier château (motte castrale)
XIe siècle (≈ 1150)
Origine féodale du site, détruit puis reconstruit.
1480
Reconstruction par Marguerite de La Rochefoucauld
Reconstruction par Marguerite de La Rochefoucauld
1480 (≈ 1480)
Château actuel bâti après la guerre de Cent Ans.
1649–1653
Occupation pendant la Fronde
Occupation pendant la Fronde
1649–1653 (≈ 1651)
Siège par les troupes de Condé.
1678
Érection en marquisat par Louis XIV
Érection en marquisat par Louis XIV
1678 (≈ 1678)
Acquis par Louvois, ministre du roi.
1845
Rachat par la ville de Barbezieux
Rachat par la ville de Barbezieux
1845 (≈ 1845)
Démolitions partielles et réaménagements urbains.
1913
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1913 (≈ 1913)
Protection du patrimoine national.
2013–2016
Restauration et modernisation
Restauration et modernisation
2013–2016 (≈ 2015)
Réhabilitation du théâtre et des remparts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château : classement par arrêté du 30 décembre 1913 - Les façades et toitures de l'ensemble des bâtiments non classés (cad. AC 236) , à l'exclusion du local sanitaire situé à l'est de la place ; la tour nord-est en totalité (cad. AC 236) ; une partie des anciennes lices, avec leur mur de clôture, et la place du château, pouvant receler des vestiges archéologiques (cad. AC 228, 234, 235, 237 ; non cadastré sur la rampe des Mobiles) : inscription par arrêté du 8 avril 2004
Personnages clés
| Marguerite de La Rochefoucauld - Dame de Barbezieux (XVe siècle) |
Commanditaire de la reconstruction post-guerre de Cent Ans. |
| Louis II de Bourbon-Condé - Chef militaire (Fronde) |
Occupa le château en 1649–1653. |
| François Michel Le Tellier, marquis de Louvois - Ministre de Louis XIV |
Propriétaire, érigea le domaine en marquisat (1678). |
| Louis-François-Zacharie Gétraud - Collectionneur et mécène |
Lega des œuvres pour créer un musée (1899). |
Origine et histoire
Le château de Barbezieux-Saint-Hilaire, situé en Charente, trouve ses origines au XIe siècle sous forme d’une motte castrale, puis d’un château en pierre au XIIe. Détruit lors des guerres médiévales, il fut reconstruit vers 1480 par Marguerite de La Rochefoucauld pour redynamiser la seigneurie après la guerre de Cent Ans. Alliant défense (canonnières, mâchicoulis) et résidence seigneuriale (fenêtres à meneaux, jardins), il symbolisait la puissance des La Rochefoucauld, rivaux des comtes d’Angoulême dans une Aquitaine disputée entre Capétiens et Plantagenêts.
Au XVIIe siècle, le château passa entre les mains de Richelieu, puis de Louvois, ministre de Louis XIV, qui l’éleva en marquisat en 1678. Pendant la Fronde (1649–1653), il fut brièvement occupé par les troupes de Condé, marquant son dernier rôle militaire. Dès le XVIIIe siècle, délaissé par ses propriétaires, il tomba en ruine, ses donjons et chapelles (comme Saint-Ymas) étant démolis progressivement. La Révolution le vit vendu comme bien national, son châtelet sud-est servant de prison jusqu’en 1820.
Racheté par la ville en 1845, le château subit des démolitions partielles (porte Chavaroche, donjon) pour laisser place à des équipements publics : un hôpital (jusqu’en 1908), un théâtre à l’italienne (1900), et un pensionnat. Au XIXe siècle, ses remparts furent intégrés à l’urbanisme local, avec la création de la place de Verdun sur l’emplacement de l’ancienne cour. Les restaurations récentes (2013–2016) ont mis en valeur ses éléments médiévaux restants, comme la tourelle du XIIe siècle et le chemin de ronde, tout en modernisant le théâtre.
Classé Monument Historique depuis 1913, le château conserve des traces de son évolution : courtine nord, grange-écurie transformée, et canonnières du XVIe siècle, témoignages de son adaptation aux armes à feu. Aujourd’hui propriété mixte (commune et privé), il abrite un office de tourisme et un musée grâce au legs Louis-François-Zacharie Gétraud (1899), tout en étant un symbole du patrimoine barbezilien, entre mémoire féodale et dynamisme culturel.
Son architecture reflète les transitions entre Moyen Âge et Renaissance : gothique flamboyant (fenêtres à meneaux, tours crénelées) et ajouts modernes (néo-gothique, rampe d’accès). Les fouilles et restaurations ont révélé des vestiges comme les fossés et la charpente médiévale de la grange, tandis que la terrasse panoramique de la tourelle offre une vue sur la ville. Le site, partiellement visitable, incarne les stratifications historiques de la Nouvelle-Aquitaine, des conflits féodaux à sa vocation actuelle de pôle touristique et mémoriel.