Frise chronologique
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Deux tours médiévales encore visibles aujourd'hui.
27 janvier 1580
Prise par les protestants
Prise par les protestants
27 janvier 1580 (≈ 1580)
Massacre de Pierre de Bosredon par Chaus de Monsac.
1795
Serment républicain
Serment républicain
1795 (≈ 1795)
Colonel de Losse prête serment à la République.
1925
Ère Gaboriot
Ère Gaboriot
1925 (≈ 1925)
Le château devient un lieu politique majeur.
5 novembre 1970
Protection MH
Protection MH
5 novembre 1970 (≈ 1970)
Inscription des façades et toitures de la tour.
2010
Mise en vente
Mise en vente
2010 (≈ 2010)
Fin de l'usage comme colonie de vacances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de la tour circulaire (cad. B 513) : inscription par arrêté du 5 novembre 1970
Personnages clés
| Aliénor d'Aquitaine - Figure légendaire |
Associée à la *chambre de la Reine* dans une tour. |
| Pierre de Bosredon - Seigneur massacré |
Tué en 1580 lors de la prise protestante. |
| Colonel de Losse - Maire et révolutionnaire |
Prête serment républicain en 1795. |
| Henri de Losse - Dernier maire-seigneur |
Maire jusqu'en 1904, descendant des Bosredon. |
| Gaboriot - Propriétaire influent |
Accueille l'élite politique dans les années 1920-1940. |
| Général Gamelin - Refugié en 1940 |
Arrêté au château pendant la Seconde Guerre mondiale. |
Origine et histoire
Le château de Bayac, implanté sur la rive gauche de la Couze à Bayac (Dordogne), conserve deux tours du XIVe siècle, dont une crénelée abritant la chambre de la Reine attribuée à Aliénor d'Aquitaine. Une échauguette coiffée et un donjon carré avec escalier à vis complètent cet ensemble défensif, partiellement remodelé aux XVIIIe et XIXe siècles par l'ajout d'un corps de logis. L'édifice perd alors son caractère militaire initial, malgré une tour circulaire datée du XVIe siècle (source à confirmer).
À l'origine, Bayac était une châtellenie appartenant aux archevêques de Bordeaux dès le XIVe siècle, avant de passer aux mains des familles de Grailly, puis de Serval. Les Bosredon, seigneurs au XVIe siècle, subissent les ravages des guerres de Religion : en 1580, le capitaine protestant Chaus de Monsac s'empare du château, massacre Pierre de Bosredon et pille les lieux. Les destructions se poursuivent sous les Anglais, les huguenots et le sire de Bannes.
Au XVIIe siècle, les Losse s'allient aux Bosredon et occupent le château pendant la Révolution sans émigrer. Le colonel de Losse, maire de Bayac, prête serment à la République en 1795. Son descendant, Henri de Losse, reste maire jusqu'en 1904. Au XXe siècle, le château devient un lieu de villégiature politique (Daladier, Reynaud) sous l'ère Gaboriot, avant d'être transformé en colonie de vacances par la ville de Paris en 1957. Inscrit aux Monuments Historiques en 1970, il est mis en vente en 2010.
L'architecture mêle éléments médiévaux (mâchicoulis, corbeaux, lucarne Renaissance) et ajouts classiques (logis à la Mansard). La tour ronde, coiffée en poivrière, arbore un chemin de ronde sur corbeaux, tandis qu'une lucarne du XVIe siècle ornée de pilastres et d'un fronton triangulaire témoigne des évolutions stylistiques. Le donjon carré, avec sa tourelle en encorbellement, abrite un escalier voûté.
Propriété successive des familles Armant, Hulin et Ossul après 1904, le château est acquis vers 1925 par Gaboriot, directeur de L'Ère nouvelle, qui y reçoit l'élite politique des IIIe et IVe Républiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le général Gamelin s'y réfugie avant son arrestation. Vendu à un particulier en 1957, le domaine (80 ha) est cédé à la ville de Paris pour devenir une colonie de vacances, avant sa mise en vente en 2010.