Frise chronologique
XIIIe siècle
Premières mentions seigneuriales
Premières mentions seigneuriales
XIIIe siècle (≈ 1350)
Seigneurs de Bazens cités, droits épiscopaux
1494
Construction de la tour d'escalier
Construction de la tour d'escalier
1494 (≈ 1494)
Élément architectural emblématique
1487-1538
Reconstruction par les Della Rovere
Reconstruction par les Della Rovere
1487-1538 (≈ 1513)
Résidence d'été des évêques d'Agen
1550-1561
Résidence de Matteo Bandello
Résidence de Matteo Bandello
1550-1561 (≈ 1556)
Écriture des *Nouvelles* sur place
1592
Aménagements défensifs
Aménagements défensifs
1592 (≈ 1592)
Guerres de Religion, échauguette ajoutée
1726
Démolition partielle
Démolition partielle
1726 (≈ 1726)
Ordre de Mgr Hébert, ruines conservées
1935
Classement monument historique
Classement monument historique
1935 (≈ 1935)
Protection des vestiges restants
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Leonardo Grosso della Rovere - Évêque d'Agen (1487-1519) |
Commanditaire de la reconstruction du château |
| Marc-Antoine de La Rovère - Évêque d'Agen (1519-1538) |
Poursuite des travaux Renaissance |
| Cesare Fregoso - Ambassadeur de François Ier |
Mari de Costanza Rangoni, assassiné |
| Costanza Rangoni - Veuve de Cesare Fregoso |
Usufruitière du château (vers 1541-1567) |
| Matteo Bandello - Évêque et écrivain italien |
Auteur des *Nouvelles*, mort à Bazens |
| Janus Frégose - Évêque d'Agen (1555-1586) |
Successeur de Bandello, fils de Cesare |
| Cardinal Jean de Lorraine - Évêque d'Agen (jusqu'en 1550) |
Cède l'usufruit à Costanza Rangoni |
| Mgr Hébert - Évêque d'Agen (début XVIIIe) |
Ordone la démolition partielle en 1726 |
Origine et histoire
Le château de Bazens, situé à proximité de l'église du même village en Lot-et-Garonne, trouve ses origines au Moyen Âge. Dès le XIIIe siècle, des seigneurs locaux sont mentionnés, mais la seigneurie est rapidement liée aux évêques d'Agen, qui en font leur résidence d'été. La reconstruction majeure du château intervient à la fin du XVe siècle sous l'impulsion des évêques Leonardo Grosso della Rovere (1487-1519) et Marc-Antoine de La Rovère (1519-1538), avec l'ajout d'une tour d'escalier en 1494. L'architecte Villars, originaire de Limoges, aurait dirigé ces travaux, transformant le site en un logis Renaissance.
Au XVIe siècle, le château devient le lieu de vie de figures marquantes comme Costanza Rangoni, veuve de l'ambassadeur Cesare Fregoso, assassiné en 1541. Le cardinal Jean de Lorraine cède alors l'usufruit du château à Costanza. Matteo Bandello, évêque et écrivain italien, y réside à partir de 1550 et y rédige une grande partie de ses Nouvelles. Il y meurt en 1561, après avoir cédé son évêché à Janus Frégose, fils de Cesare, tout en continuant à occuper les lieux. Le château, progressivement délaissé au profit du château de Monbran, est partiellement démoli en 1726 sur ordre de Mgr Hébert, ne laissant subsister que l'aile nord et sa tour-escalier.
L'édifice, classé monument historique en 1935, illustre l'influence italienne dans le Sud-Ouest de la France à la Renaissance. Son architecture mêle des éléments défensifs (échauguette ajoutée lors des guerres de Religion) et résidentiels, comme en témoignent les transformations successives. La tour hexagonale et les vestiges de la chapelle rappellent son statut de résidence épiscopale. Les travaux du XIXe siècle, notamment la restauration du clocher en 1888, ont préservé une partie de ce patrimoine, aujourd'hui propriété de la commune de Bazens.
Le site est indissociable de l'église voisine, elle-même remaniée aux XVe-XVIe siècles, avec un portail flamboyant orné d'une crosse épiscopale. Les jardins d'origine, établis sur des terrasses, ont disparu au profit du village actuel. Les sources historiques, comme les écrits de Bandello, offrent un témoignage rare sur la vie dans cette résidence et son rôle dans les échanges culturels franco-italiens.
Les dernières mentions d'entretien datent du XVIIIe siècle, avec des réparations en 1778, avant son abandon définitif. La tourelle d'escalier, restaurée au XXe siècle, reste l'un des éléments les plus emblématiques du château. Son inscription aux monuments historiques en 1935 a permis de sauvegarder ce qui subsistait de l'ancienne demeure des évêques, aujourd'hui ouvert à la visite dans le cadre du patrimoine local.