Origine et histoire du Château de Bazian
Le château de Bazian, situé dans le département du Gers en région Occitanie, est un exemple typique de castelnau gascon. Son origine remonte au moins au XIe siècle, bien que la date exacte de sa construction reste inconnue. Il fut probablement édifié sur l’emplacement d’une motte castrale, occupant l’extrémité d’un éperon rocheux dominant la vallée de la Mouliaque, un affluent de l’Osse. Le village s’organise autour du château, avec une église à l’opposé et une tour-porche carrée encore conservée, caractéristique des castelnaux de la région. Les barons de Montesquiou, apparus dès le XIIe siècle, sont à l’origine de sa fondation et y résidèrent régulièrement, comme en attestent divers actes historiques.
Au XVIe et XVIIe siècles, le château fut profondément transformé par la famille de Bourbon-Lavedan, héritière des vicomtes de Lavedan. Des adjonctions majeures furent réalisées, incluant des tourelles en surplomb, des ouvertures supplémentaires et une décoration intérieure peinte, partiellement conservée. La Révolution française n’interrompit pas la lignée seigneuriale, qui s’éteignit seulement à la fin du XIXe siècle avec la comtesse de Mesnard. Après sa vente à des agriculteurs, le château tomba en ruine jusqu’à sa restauration à la fin du XXe siècle par ses actuels propriétaires.
Le château, inscrit aux monuments historiques en 2008, se compose d’un corps de logis principal flanqué de deux pavillons carrés, avec une aile sud-est partiellement dégradée. Son intérieur abrite des décors peints des XVIe et XVIIe siècles, tandis que son enceinte comprend un puits et un mur d’enceinte. Le site illustre l’évolution architecturale d’un castelnau gascon, marqué par son rôle défensif et résidentiel, ainsi que par son intégration dans le paysage rural du Gers. Le village voisin de Saint-Yors, aujourd’hui disparu, était autrefois lié à Bazian, avec une tour-porche et une église aujourd’hui en ruines.
La commune de Bazian, rurale et peu peuplée (97 habitants en 2023), a connu un déclin démographique constant depuis le XIXe siècle, passant de 551 habitants en 1846 à moins de 100 aujourd’hui. L’économie locale repose sur une agriculture de polyculture et polyélevage, dans un territoire marqué par des paysages de coteaux et de vallées, typiques du Ténarèze. Le château, restauré, reste un témoignage majeur du patrimoine médiéval et Renaissance de la Gascogne, associé à l’histoire des familles nobles locales.
La tour-porche du château, inscrite en 1974, ainsi que la porte fortifiée de Saint-Yors (1973), complètent cet ensemble patrimonial. Ces éléments, associés aux vestiges du castelnau et aux décors intérieurs, offrent un aperçu de la vie seigneuriale et communautaire en Gascogne, entre Moyen Âge et époque moderne. Le site, bien que peu connu, incarne la transition entre l’architecture défensive médiévale et les aménagements résidentiels de la Renaissance, dans un cadre rural préservé.