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Château de Beaumont-le-Richard à Englesqueville-la-Percée dans le Calvados

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Beaumont-le-Richard

  • Château de Beaumont
  • 14710 Englesqueville-la-Percée
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
14710 Englesqueville-la-Percée, Château de Beaumont

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1000
Origine de la seigneurie
1220
Donation à l'abbaye de Mondaye
fin XIIe siècle
Mariage fondateur
1418–1450
Occupation anglaise
1540
Réunion huguenote
1640
Réaffectation de la chapelle
16 septembre 1919
Classement partiel
21 février 1997
Inscription des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ancienne chapelle ; ancienne fenêtre romane à bâtons rompus ; partie de la corniche romane et des arcatures situées au dessous (parties délimitées sur le plan annexé à l'arrêté) : classement par arrêté du 16 septembre 1919 - Assiette de la parcelle comprenant, à l'exclusion des bâtiments agricoles récents et de la chapelle classée, l'ensemble des vestiges enfouis dans le sol et en élévation (cad. C 11) : inscription par arrêté du 21 février 1997

Personnages clés

Richard Ier du Hommet (v. 1115–1180) - 2e connétable et sénéchal de Normandie Donne son nom au château.
Agnès de Say - Héritière de la seigneurie Épouse Richard du Hommet vers 1150.
Enguerrand du Hommet - Seigneur de Beaumont Cède dîmes à l’abbaye en 1220.
Thomas de Hottot - Seigneur spolié Perte de la seigneurie pendant l’occupation anglaise.
Jehan Canivet - Chroniqueur local Témoigne d’une réunion huguenote en 1540.
Arcisse de Caumont - Historien normand Décrit le château comme un logis seigneurial.

Origine et histoire du Château de Beaumont-le-Richard

Le château de Beaumont-le-Richard, édifié au XIIe siècle ou au début du XIIIe, est un rare exemple de logis seigneurial anglo-normand encore partiellement debout. Situé sur une colline du Bessin, à 1,2 km de l’église Saint-Vigor d’Englesqueville-la-Percée (Calvados), il se distingue par son absence de donjon et ses deux tours rondes couvertes de calottes de pierre. L’ensemble, remanié au XVIIe siècle, comprend aussi les restes d’une enceinte et une chapelle castrale surplombant une salle voûtée, peut-être l’ancienne résidence des seigneurs. Arcisse de Caumont le décrivait comme une « habitation d’un riche baron plutôt qu’une forteresse », soulignant son caractère résidentiel plus que défensif.

La seigneurie, attestée dès l’an mil, passe au XIIe siècle à la famille du Hommet via le mariage d’Agnès de Say – héritière de son frère décédé sans descendance – avec Richard Ier du Hommet (v. 1115–1180), connétable et sénéchal de Normandie. Le château tire son nom de ce dernier. En 1220, Enguerrand du Hommet cède l’église et les dîmes du domaine à l’abbaye de Mondaye, et en 1239, Guillaume du Hommet est mentionné comme châtelain. Pendant l’occupation anglaise (1418–1450), Thomas de Hottot, partisan des Français, est spolié de sa seigneurie.

Au XVIe siècle, le site abrite des réunions huguenotes, comme en témoigne le journal de Jehan Canivet (1540), évoquant un rassemblement dans la paroisse. Au XVIIe siècle, le château, désaffecté comme résidence seigneuriale, est transformé en exploitation agricole, fonction qu’il conserve jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La chapelle, réaffectée au culte vers 1640, et les vestiges (salle voûtée, antichambre ornée d’arcatures romanes) rappellent son passé médiéval. Un village existait autrefois sur le site, avec des maisons antérieures à 1600 et un prêche calviniste clandestin dans un grenier au XVIe siècle.

Le château est partiellement protégé au titre des monuments historiques : la chapelle et des éléments romanes (fenêtre à bâtons rompus, corniche) sont classés en 1919, tandis que l’assiette archéologique (vestiges enfouis et en élévation) est inscrite en 1997. Les fouilles ont révélé des cercueils en plomb et pierre dans l’ancien cimetière, témoignant de son occupation ancienne. Aujourd’hui, le site mêle ruines médiévales et bâtiments agricoles des XVIIe–XVIIIe siècles, illustrant son évolution à travers les âges.

Liens externes

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