Origine et histoire du Château de Beaumont-sur-Vingeanne
Le château de Beaumont-sur-Vingeanne, situé en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice de style classique construit au 1er quart du XVIIIe siècle (1723) par l’abbé Claude Jolyot (1670–1762). Il remplace un ancien châtel médiéval, mentionné dès 1276 sous Jean de Vergy, sénéchal de Bourgogne, puis modifié au fil des siècles. Le site, stratégiquement placé sur la Vingeanne, fut pillé pendant la guerre de Dix Ans (1636) avant d’être reconstruit après les destructions.
Le château actuel, implanté à flanc de colline, se distingue par son plan adaptée au dénivelé, avec un rez-de-jardin sous l’étage principal. Son architecture comprend un logis voûté, des communs, un parc de 6 hectares et un potager. Les matériaux, comme la pierre calcaire locale, et les ornements intérieurs (attribués à un ornemaniste parisien) reflètent le faste du XVIIIe siècle. Le domaine, classé Monument historique en 1948, a été restauré en 1936 puis à partir de 1942.
Avant le XVIIIe siècle, le site était une forteresse médiévale avec fossés, tours et pont-levis, tenue par des familles nobles comme les Vergy ou les Chabot. Philippe Chabot, amiral de France, y nomma un chapelain en 1537 pour la chapelle Sainte-Catherine. Les vestiges des anciennes fortifications, ruinées par les écorcheurs (1366) puis les troupes de Gallas (1636), disparurent après la guerre de Dix Ans, rendant le château obsolète sur le plan défensif.
Aujourd’hui, le château appartient à une société privée. Son accès se fait par la rue de Richebourg, à l’entrée sud du village. Le mobilier intérieur, bien que partiellement modifié, conserve une disposition originale mêlant pièces d’apparat et espaces habitables, typique des résidences aristocratiques de l’époque.
Les sources historiques mentionnent aussi un jardin d’agrément, un potager, et des communs organisés autour d’une cour d’honneur. L’ensemble, couvert de tuiles plates et vernissées, illustre l’évolution d’une seigneurie médiévale en une demeure de plaisance des Lumières, tout en gardant des traces de son passé militaire.