Origine et histoire du Château de Beauregard
Le château de Beauregard, situé à Montigny-sur-Aube en Côte-d'Or, trouve ses origines au XIIe siècle avec une maison-forte médiévale. Au XVIe siècle, Jean V d'Amoncourt, inspiré par ses voyages en Italie, transforme radicalement le site : il fait ériger en 1550 une façade Renaissance ornée de 44 colonnes doriques et ioniques, tout en conservant une tour médiévale dite tour rouge. La chapelle castrale, construite en 1553, reflète l’influence italienne et rappelle celle de la cathédrale de Langres, bien que son architecte (peut-être Jean Bullant) reste non confirmé.
En 1794, un incendie ravage les trois quarts du château, détruisant le châtelet et des éléments décoratifs. Les travaux de 1817 démolissent partiellement les ruines, mais certaines parties sont réutilisées : les lucarnes de la façade sud proviennent des bâtiments détruits, et les douves sont comblées. Au XIXe siècle, la façade méridionale est remaniée dans un style plus sobre, tandis que le parc adopte un aménagement à l’anglaise. Le domaine change plusieurs fois de mains, dont les familles Maupeou (au XVIIIe siècle) et Martin (à partir de 1901), qui entreprennent une restauration majeure en 1903 sous la direction d’Édouard Aynard.
Le château joue un rôle historique pendant les deux guerres mondiales : en 1918, il abrite une école d’artillerie où séjourne Harry Truman, futur président américain, dont une stèle commémorative est aujourd’hui visible. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent les lieux, transformant le grand salon en Kommandantur. Classé Monument Historique en 1961 (complété en 2011 pour les douves et dépendances), le site inclut aussi un verger-potager du XIXe siècle, réhabilité en 2013 et labellisé Jardin remarquable en 2015. Son parc, ses murs d’enceinte et sa chapelle Renaissance en font un témoignage unique de l’évolution architecturale française.
L’architecture actuelle mêle ainsi des vestiges médiévaux (la tour rouge), des éléments Renaissance (façades et chapelle), et des ajouts du XIXe siècle (parc et orangerie). Les douves, restaurées au début du XXe siècle, et les 290 variétés d’arbres fruitiers du potager soulignent la diversité patrimoniale du domaine. Le château illustre aussi les bouleversements historiques, depuis les embellissements de la Renaissance jusqu’aux occupations militaires, en passant par les restaurations modernes.