Frise chronologique
1450
Première mention du repaire noble
Première mention du repaire noble
1450 (≈ 1450)
Acte écrit attestant son existence.
2e moitié XVIe siècle
Construction du château actuel
Construction du château actuel
2e moitié XVIe siècle (≈ 1650)
Campagne majeure par les familles de Conan et du Faure.
1760
Héritage de Gabrielle des Cars
Héritage de Gabrielle des Cars
1760 (≈ 1760)
Transmission à son filleul Gabriel de La Ramière.
1762
Vente à Arnaud Souc du Plancher
Vente à Arnaud Souc du Plancher
1762 (≈ 1762)
Changement de propriétaires après héritage.
19 décembre 1973
Première inscription partielle
Première inscription partielle
19 décembre 1973 (≈ 1973)
Château et pigeonnier classés monuments historiques.
11 janvier 2011
Inscription totale des extérieurs
Inscription totale des extérieurs
11 janvier 2011 (≈ 2011)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, son pigeonnier, son puits, son pédiluve, ses dépendances, ses clôtures des cours et jardin et ses deux portails, ainsi que les sols, en totalité (cad. C 70, 71, 75 à 78, 86, 87, 841) : inscription par arrêté du 11 janvier 2011
Personnages clés
| Jean Faure dit Baillot - Marchand de fer et ancêtre seigneurial |
Acheta Lussas en 1502, fondateur de la lignée. |
| Catherine des Cars - Veuve et légataire du château |
Transmet le domaine à sa nièce en 1760. |
| Gabrielle des Cars - Marquise de Saint-Projet |
Dernière héritière directe avant 1760. |
| Gabriel de La Ramière - Dernier baron de Nontron |
Héritier et vendeur du château en 1762. |
| Arnaud Souc du Plancher de La Garelie - Acquéreur en 1762 |
Nouveau propriétaire avec son épouse. |
| Isabelle de Pindray d'Ambelle - Auteure du roman *Monsieur de Puyloubard* |
Inspirée par le château sous le nom Beaulignac. |
Origine et histoire
Le château de Beauvais, situé à Lussas-et-Nontronneau en Dordogne, est un monument emblématique du Périgord vert, construit au cours de la 2e moitié du XVIe siècle. Il se présente comme un vaste bâtiment carré, flanqué de deux tours rondes à mâchicoulis, dominant un étroit vallon près du bourg de Lussas. Ce château, ancien repaire noble dépendant de la commanderie templière du Soulet (Grand-Brassac), illustre une architecture archaïsante typique de la région. Un colombier imposant et un puits couvert, doté d’une toiture en dalles, complètent cet ensemble seigneurial, témoignant de son importance historique et fonctionnelle.
Le repaire noble est mentionné dès 1450, mais sa campagne de construction majeure intervient entre 1533 et la fin du XVIe siècle, sous l’impulsion des familles de Conan et du Faure de La Roderie, barons de Saint-Martial-de-Valette. Ces seigneurs, descendants de Jean Faure dit Baillot, un marchand de fer de Nontron, ont façonné le château actuel. À l’intérieur, seuls les sous-sols, notamment l’ancienne cuisine, conservent des traces de la distribution primitive. Les tours rondes, équipées de chemins de ronde sur corbeaux et de trous de tir, rappellent son rôle défensif initial.
Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains par héritages et ventes. Catherine des Cars, veuve successive de trois nobles (Alain du Faure, Pierre de Bonneval, Charles de Rochechouart), lègue le domaine à sa nièce Gabrielle des Cars, marquise de Saint-Projet. À sa mort sans descendance en 1760, le château échoit à son filleul Gabriel de La Ramière, dernier baron de Nontron, qui le revend en 1762 à Arnaud Souc du Plancher de La Garelie et son épouse. Les propriétaires se succèdent ensuite, incluant des familles comme Robin, Callandreau, ou Hériard, jusqu’à la transmission actuelle aux descendants des familles de Maillard et Capbern-Gasqueton.
Le château de Beauvais, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1973, voit son inscription étendue en 2011 pour inclure l’intégralité des extérieurs, le pigeonnier, le puits, et les dépendances. Ce site, lié à l’histoire templière et seigneuriale du Périgord, a aussi inspiré la littérature : il apparaît sous le nom de Beaulignac dans le roman Monsieur de Puyloubard (1926) d’Isabelle de Pindray d'Ambelle. Aujourd’hui, il reste un témoignage architectural et historique majeur de la région, mêlant héritage médiéval et Renaissance.