Frise chronologique
Fin XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Donjon et logis bâtis par l’évêque de Noyon.
XIVe siècle
Rachat par Jean le Mercier
Rachat par Jean le Mercier
XIVe siècle (≈ 1450)
Acquis par le Trésorier des guerres du roi.
1591
Destruction par Henri IV
Destruction par Henri IV
1591 (≈ 1591)
Rasé lors du siège de Noyon.
XVIIe siècle
Rénovation par les Hautefort
Rénovation par les Hautefort
XVIIe siècle (≈ 1750)
Travaux donnant l’aspect actuel au donjon.
1794
Exécution du dernier baron
Exécution du dernier baron
1794 (≈ 1794)
Guillotiné pour conspiration sous la Révolution.
1886
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1886 (≈ 1886)
Protection de la porte, mur et celliers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La porte fortifiée ; le mur de clôture ; les deux celliers médiévaux avec les escaliers qui les relient (cad. D 535, 536) : inscription par arrêté du 30 mai 1988
Personnages clés
| Jean le Mercier - Seigneur de Nouvion et Trésorier des guerres |
Rachète le château au XIVe siècle. |
| Louis de Couste - Page de Jeanne d’Arc |
Propriétaire au XVe siècle, armes découvertes in situ. |
| Baron de Hautefort - Propriétaire et rénovateur |
Transforme le château au XVIIe siècle. |
| Radix de Sainte-Foix - Spéculateur du XIXe siècle |
Démolit partiellement le logis pour revendre les pierres. |
Origine et histoire
Le château de Béhéricourt, édifié à la fin du XIe siècle par l’évêque de Noyon, était initialement composé d’un donjon carré en brique rose et d’un logis attenant. Détruit pendant la guerre de Cent Ans, puis rasé en 1591 par Henri IV lors du siège de Noyon contre la Ligue picarde, il fut racheté au XIVe siècle par Jean le Mercier, seigneur de Nouvion et Trésorier des guerres du roi, à Jeanne de Thourotte, descendante des seigneurs locaux. Ses ruines furent réaménagées aux XVIIe et XIXe siècles, marquant son évolution architecturale et politique.
Au XVe siècle, le château appartint à Louis de Couste, page de Jeanne d’Arc, qui assista à son sacre à Reims en 1429. Ses armes, découvertes dans la maçonnerie, attestent de son lien avec le lieu. Au XVIe siècle, il passa à Jacques d’Humières, gouverneur de Péronne, avant d’être acquis au XVIIe siècle par le baron de Hautefort, qui entreprit d’importants travaux, donnant à la tour sud et au donjon leur apparence actuelle. Le dernier baron de Hautefort, impliqué dans la conspiration des prisons, fut guillotiné en 1794, marquant la fin de cette lignée.
Au XIXe siècle, Radix de Sainte-Foix, surintendant des finances du comte d’Artois, acheta le château comme bien national à bas prix. Il en démolit partiellement le logis pour revendre les pierres, réduisant le domaine de 147 hectares de vignes. Le château actuel, hétéroclite, conserve des éléments médiévaux (porte fortifiée, celliers, mur d’enceinte) inscrits aux monuments historiques en 1986. Son architecture mêle grès, brique et pierre, reflétant ses campagnes de construction successives.
Le site, organisé en double enceinte (basse-cour et haute-cour), abrite des vestiges comme le four banal, le pressoir et une chapelle devenue église communale. La haute-cour, ceinte de fortifications, domine la basse-cour, illustrant l’organisation féodale. Les celliers médiévaux, voûtés en berceau, permettent de restituer partiellement le plan du château originel, tandis que les façades actuelles combinent grès, calcaire et brique, avec une couverture en tuiles plates et ardoises pour la tour conique.