Origine et histoire du Château de Belflou
Le château de Belflou, situé dans l’Aude en Occitanie, trouve ses origines à la fin du XIIe siècle sous la forme d’une forcia (forteresse secondaire féodale). Transformé en château fortifié entre les XIIIe et XIVe siècles, il conservait initialement un donjon (tour carrée sud), des constructions en bois et un fossé en eau. Ses défenses comprenaient un pont-levis ouest (remplacé ultérieurement par un pont de pierre), des communs dans la cour, et un chemin de ronde en bois surplombant l’enceinte. Une seconde tour d’enceinte au nord-est, aujourd’hui disparue, complétait probablement le dispositif.
Au XVIe siècle, la tour d’escalier nord fut surélevée et ornée de bustes et gargouilles, tandis que son avant-corps était remanié. Les XVIIe et XVIIIe siècles virent l’agrandissement des fenêtres sud, et le XIXe siècle apporta des modifications majeures : réaménagement de la façade nord et des parties hautes de l’aile est, ainsi que l’ajout d’un pont à l’est pour relier le château à la terre attenante. Malgré ces évolutions, l’édifice reste un exemple bien préservé d’architecture défensive médiévale en Lauragais, protégé depuis 1948 au titre des monuments historiques.
Le site, initialement nommé Valflor (vallée des fleurs) ou Saint Félix de Lanès, fut possession de seigneurs non identifiés avant d’être rattaché à la maison de Laurac. En 1206, une charte attestait sa cession par Aimeric de Roquefort, seigneur de Laurac et sympathisant cathare, aux frères de Saint Germain. Confisqué en 1211 par Simon de Montfort lors de la croisade des Albigeois, Belflou passa ensuite entre les mains des croisés, du comte de Toulouse et des rois de France. En 1310, Philippe le Bel l’offrit à Philippe de Fontanes, dont la famille le conserva près de cinq siècles, malgré des occupations temporaires (huguenots en 1581-82, révolutionnaires en 1789).
Les Fontanes, exilés en Suisse après 1789, cédèrent la propriété à divers occupants, dont la famille de Calmès. Le château, toujours entouré de ses fossés en eau, abrite aujourd’hui une voûte rayonnante bien conservée dans sa grande tour, ainsi qu’une porte intérieure ornée du blason des Fontanes. Son inscription comme monument historique en 1948, suivie d’un classement en 1989, souligne son importance patrimoniale.
Architecturalement, le château se compose d’un bâtiment rectangulaire prolongé à l’est au XIXe siècle par une aile de style similaire. Deux tours d’angle sud encadrent la structure, tandis qu’une tourelle nord-ouest, reposant sur des encorbellements en quart-de-rond, donne accès à la terrasse. La tour-pigeonnier, ancienne demi-circulaire défensive, et les vestiges des murs d’enceinte rappellent son passé militaire. Les fossés, toujours en eau, forment une ceinture ovale continue, caractéristique rare des fortifications médiévales de la région.