Frise chronologique
2e moitié XIVe siècle (1355–1376)
Construction du donjon
Construction du donjon
2e moitié XIVe siècle (1355–1376) (≈ 1366)
Édifié par Nicolas Braque, inauguré par Charles V.
1646
Création du duché de Bellegarde
Création du duché de Bellegarde
1646 (≈ 1646)
Titre accordé à Roger de Saint-Lary.
1692
Achat par le duc d’Antin
Achat par le duc d’Antin
1692 (≈ 1692)
Début des grands aménagements classiques.
1715–1724
Plans du duché par Matis
Plans du duché par Matis
1715–1724 (≈ 1720)
Aménagements des cours et jardins.
1782
Escalier néo-grec ajouté
Escalier néo-grec ajouté
1782 (≈ 1782)
Œuvre de l’architecte Viel.
1928, 1937, 1969
Classements partiels MH
Classements partiels MH
1928, 1937, 1969 (≈ 1969)
Protection des façades et donjon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des bâtiments suivants : donjon et pavillon du XVIIe siècle accolé au donjon ; pavillon d'Antin ; pavillon de l'Intendance et du Capitaine, et les deux pavillons attenants ; pavillon du Jardinier ; pavillon de l'Ecuyer et écuries attenantes ; pavillon de la Salamandre (Hôtel de Ville) : inscription par arrêté du 24 avril 1928 ; Parties des communs (cad. AE 149, 152) : inscription par arrêté du 13 mai 1937 ; Donjon de l'ancien château : murs, parapets et tertres des douves, plateforme avec ses deux ponts d'accès (cad. AE 136, 137, 138) : inscription par arrêté du 22 octobre 1969
Personnages clés
| Nicolas Braque - Seigneur et constructeur |
Bâtit le donjon (XIVe siècle). |
| Charles V le Sage - Roi de France |
Inaugure le château en 1376. |
| Jacques de l’Hospital - Marquis et aménageur |
Ajoute pavillons et tour capitaine (XVIIe). |
| Duc d’Antin - Propriétaire et mécène |
Transforme cours et jardins (1692–1724). |
| Hyppolite Matis - Arpenteur royal |
Cartographie le duché (1715–1724). |
| Pierre Gilbert de Voisins - Marquis de Villennes |
Ajoute l’escalier néo-grec (1782). |
Origine et histoire
Le château de Bellegarde, aussi appelé château des l'Hospital, est un monument emblématique du Loiret, marqué par une histoire riche et variée. Son origine remonte au XIVe siècle, lorsque Nicolas Braque, seigneur des lieux, fait édifier le donjon carré à quatre tourelles en encorbellement entre 1355 et 1376. Inauguré par le roi Charles V le Sage en 1376, le château passe ensuite à sa fille Jeanne, épouse de Jean de l'Hospital, marquant le début d’une lignée seigneuriale qui façonnera le domaine pendant des siècles. Les fondations du site, cependant, remontent bien plus tôt, avec une première mention d’une maison forte en bois au Xe siècle (charte de Téduin, 984), remplacée par un donjon de pierre au XIIe siècle.
Au XVIIe siècle, le château connaît une transformation majeure sous l’impulsion de Jacques de l’Hospital (1578–1635), dernier comte et premier marquis de Choisy-aux-Loges. Il ajoute le pavillon des Ondes à l’ouest du donjon, avec un escalier en fer forgé, et construit la tour capitaine (devenue habitation sous Louis XV). Le domaine s’enrichit de granges et de dépendances, tandis que Roger de Saint-Lary obtient le titre de duc de Bellegarde en 1646. Le château, dessiné par Claude Chastillon et décrit par Dom Morin, incarne alors le faste aristocratique de l’époque.
En 1692, le duc d’Antin (fils de Mme de Montespan) acquiert le château et entreprend d’ambitieux travaux. Entre 1715 et 1724, il remanie les cours pour y installer ses écuries et appartements, ajoutant les pavillons d’Antin, de la Salamandre (actuelle mairie) et de la Surintendance. Les jardins, inspirés de ceux de Meudon, sont aménagés en terrasses, parterres et bosquets, avec une île et une grande pièce d’eau. Le duc fait percer de hautes fenêtres dans le donjon, modernisant son apparence. En 1782, le marquis de Villennes ajoute un escalier d’honneur néo-grec sur la façade sud, signé par l’architecte Viel.
Le XIXe siècle marque un déclin : la grille du duc d’Antin, enlevée par les Alliés en 1815, est remplacée en 1836. Au XXe siècle, le château devient un lieu public, abritant la mairie et des expositions. Classé partiellement aux Monuments historiques (1928, 1937, 1969), il conserve des éléments médiévaux (donjon, douves) et classiques (pavillons, escaliers). Ses jardins, disparus, sont connus grâce aux plans de l’arpenteur royal Hyppolite Matis (1715–1724), décrivant un ensemble où nature et art s’équilibraient, inspiré par les modèles royaux de Meudon et Saint-Mandé.