Origine et histoire du Château de Belvoir
Le château de Belvoir, construit à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle par les fondateurs de la maison de Belvoir, passe à la famille de Cusance au XIVe siècle. Fidèles aux ducs de Bourgogne, les Cusance subissent les représailles de Louis XI après la bataille de Nancy (1477) : le château est incendié en 1480 et confisqué pendant six ans. Thibaut de Cusance le restaure à la fin du XVe siècle, tandis que Claude-François de Cusance, colonel au service de l’Espagne, y aménage l’aile orientale au XVIIe siècle pour sa femme, Ernestine de Withem.
La fille du couple, Béatrix de Cusance – réputée pour sa beauté –, épouse successivement le prince de Cantecroix et Charles de Vaudémont, duc de Lorraine. Le château, délaissé après 1650, passe aux Lorraine puis aux Rohan. Marie-Louise de Rohan-Soubise, gouvernante des enfants de Louis XV, en est la dernière baronne. Saisi à la Révolution comme bien d’émigré, il est partiellement détruit au XIXe siècle (aile Ouest, tours) avant d’être restauré par le peintre Pierre Jouffroy à partir de 1955.
L’architecture mêle des éléments défensifs (fossés, pont-levis, donjon) et résidentiels (salle d’honneur, chapelle, chambres seigneuriales). L’aile orientale, ravagée par un incendie en 1968, est reconstruite en dix ans. Le château abrite aujourd’hui des collections de meubles, tableaux (dont un portrait de Béatrix par Van Dyck), et armes anciennes. Classé monument historique en 1956, son domaine de 46 hectares est protégé depuis 1992.
Le bourg fortifié, autrefois ceint de murs, s’organisait autour du château. La porterie du XVIe siècle, dotée de traces de pont-levis, donne accès à un corps de logis rectangulaire incluant la chapelle et des salles voûtées autrefois dédiées au stockage du vin. La tour Madge-fâ (fin XVe siècle), coiffée d’une lanterne soutenue par des sculptures grotesques, symboliserait une vengeance contre Louis XI. Le donjon, plusieurs fois remanié, domine l’éperon rocheux.
Transformé en séminaire au XIXe siècle, puis en école catholique, le château est abandonné à l’archevêché de Besançon en 1848. Morcelé et vendu à des cultivateurs, il est sauvé par Pierre Jouffroy qui entreprend une restauration de près de cinquante ans. Ouvert au public de Pâques à la Toussaint, il propose des visites guidées mettant en valeur son histoire militaire, ses décors intérieurs et ses liens avec les grandes familles européennes.