Origine et histoire du Château de Bénéhard
Le château de Bénéhard, situé sur la commune de Chahaignes dans la Sarthe et dominant la vallée de la Veuve, se trouve le long de la route départementale 64 en direction de Saint-Pierre-du-Lorouër. Érigé sur l'emplacement d'une ancienne forteresse qui défendait la vallée pendant la guerre de Cent Ans, il a conservé l'aspect général de l'architecture des XVIe et XVIIe siècles. La façade, représentative de la première Renaissance, et la décoration des lucarnes et fenêtres évoquent les nombreux châteaux de la Loire tout en affichant des originalités, notamment une tour centrale à trois pans et des fenêtres du XVIIe siècle insérées dans un décor renaissant. Les jardins en terrasse du XVIIIe siècle, uniques dans la région, complètent la mise en valeur architecturale et comprennent un miroir d'eau ainsi que un mur d'enceinte du côté est. Construit en tuffeau, le château présente un grand portail équipé d'une chatière, une petite porte ferrée et un toit d'ardoises à forte pente. Dans l'une des caves creusées dans le coteau, derrière le bâtiment, se trouve un pressoir de type romain à vis latérale, probablement daté du XVe siècle, restauré en 1991 par le syndicat d'initiative ; il est complet et en état de marche. De nombreux communs des XVe et XVIe siècles forment une cour au nord et à l'ouest ; dans cette cour, une grande tour adossée au coteau date du début du XVIIIe siècle. Le domaine conserve également un four à pain et une buée creusés dans la roche au XVIe siècle, qui sont encore en état de fonctionnement, ainsi qu'un petit pressoir, un moulin et la porte et la grille principales du XVIIe siècle. Sur le plan de l'histoire, on relève la présence d'une famille Benehart au XVe siècle, avec le mariage vers 1450 de Marie d'Avaugour et de Pierre de Benehart. La famille de Maillé posséda le château pendant plusieurs siècles : Hardouin de Maillé-Brézé y mourut en 1484, et la branche aînée s'éteignit avec le décès au château, le 28 décembre 1726, de René-César-François de Maillé. Jacques II de Maillé-Bénéhart et son épouse Marie de Villebresme firent construire un nouveau château dans le goût de l'époque entre 1518 et 1560 ; leur fils participa à la Ligue catholique à la fin du XVIe siècle, ce qui entraîna une confiscation du domaine par Henri IV, restitué au début du XVIIe siècle. Henri Ier de Maillé-Bénéhart, mort en 1654, reçut le titre de marquis et fit entreprendre d'importantes transformations intérieures et extérieures qui ont largement donné au château son aspect actuel. Au XIXe siècle, Jacques Prudhomme de La Boussinière acheta le domaine en 1827 ; sa famille le conserva jusqu'à sa vente en 2015 à l'artiste Bruce de Jaham. L'ensemble du château, y compris le pavillon du XVIIe siècle, les communs, les jardins et leurs clôtures, ainsi que les portes, degrés et dépendances, est classé au titre des monuments historiques depuis le 11 août 1987 ; auparavant il était inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis le 10 août 1927. Les abords du château constituent par ailleurs un site inscrit au titre du code de l'environnement depuis le 28 mai 1946, pour une superficie de 20,6 hectares.