Frise chronologique
1658
Début de la construction
Début de la construction
1658 (≈ 1658)
François Le Vau entame les travaux pour Charles-Henri de Malon.
1676
Mort de Charles-Henri de Malon
Mort de Charles-Henri de Malon
1676 (≈ 1676)
Logis central et aile orientale achevés.
1690
Déviation de la route Paris-Charenton
Déviation de la route Paris-Charenton
1690 (≈ 1690)
Isolation du château par Anne Louis Jules Malon.
1700-1715
Achèvement du château
Achèvement du château
1700-1715 (≈ 1708)
Jacques de La Guépière finalise les communs et écuries.
1840
Expropriation pour l'enceinte de Thiers
Expropriation pour l'enceinte de Thiers
1840 (≈ 1840)
10 hectares perdus pour les fortifications.
1861
Démolition du château
Démolition du château
1861 (≈ 1861)
Seuls les pavillons des communs subsistent.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade principale, façades latérales et couvertures correspondantes du bâtiment 114 rue du Petit-Château : inscription par arrêté du 23 octobre 1959 ; Façades et toitures du pavillon de chasse de l'ancien château, sauf aile en retour (cad. A 1) : classement par arrêté du 3 janvier 1966
Personnages clés
| Charles-Henri de Malon de Bercy - Commanditaire initial |
Président au Grand Conseil, lance la construction en 1658. |
| François Le Vau - Architecte |
Conçoit le château, frère de Louis Le Vau. |
| Anne Louis Jules Malon de Bercy - Héritier et mécène |
Achève l’aile ouest et aménage le parc. |
| Jacques de La Guépière - Architecte (1702-1715) |
Termine les communs et redistribue l’intérieur. |
| André Le Nôtre - Paysagiste attribué |
Conçoit partiellement les jardins. |
| Gabriel de Nicolaÿ - Dernier propriétaire |
Vend le domaine en 1860 avant démolition. |
Origine et histoire
Le château de Bercy fut construit entre 1658 et le début du XVIIIe siècle sur l’emplacement d’un ancien manoir médiéval appartenant à la seigneurie de Bercy. L’architecte François Le Vau, frère de Louis Le Vau (connu pour Vaux-le-Vicomte et Versailles), entama les travaux en 1658 pour Charles-Henri de Malon de Bercy, président au Grand Conseil. À sa mort en 1676, seuls le logis central et l’aile orientale étaient achevés. Son fils, Anne Louis Jules Malon de Bercy, intendant et directeur de la Compagnie des Indes, poursuivit les travaux, ajoutant l’aile occidentale, aménageant le parc et déviant la route de Paris à Charenton pour isoler le domaine.
Les travaux s’achevèrent sous Charles-Henri Malon de Bercy (petit-fils du premier), intendant des finances, qui finalisa les décors intérieurs entre 1700 et 1740. Le parc, conçu partiellement par André Le Nôtre, comprenait un grand parterre de broderies, une terrasse surplombant la Seine, et des bosquets. Le château, symbole du faste aristocratique sous Louis XIV, fut cependant victime de l’urbanisation parisienne au XIXe siècle. Dès 1804, des entrepôts de vin et des fortifications (enceinte de Thiers en 1840) empiétèrent sur le parc, suivi par l’arrivée du chemin de fer en 1847, qui scinda le domaine.
Le château, abandonné et vendus par lots, fut démoli en 1861 après la dispersion de ses décors intérieurs, considérés parmi les plus remarquables des styles Louis XIV, Régence et Rocaille. Les boiseries furent acquises par des collectionneurs et remontées dans des demeures prestigieuses, comme le palais de l’Élysée, l’ambassade d’Italie à Paris, ou le château de Camden Place en Angleterre. Seuls subsistent aujourd’hui les deux pavillons des communs, classés monuments historiques, situés rue du Petit-Château à Charenton-le-Pont. Le parc, quant à lui, fut loti pour des magasins généraux et des infrastructures ferroviaires, marquant la fin de ce domaine d’exception.
Avant le château du XVIIe siècle, la seigneurie de Bercy, attestée dès 1383, comprenait un manoir fortifié et des terres s’étendant jusqu’à la Seine. La famille Malon, noble depuis 1468, en prit possession en 1521 par mariage. Le domaine passa ensuite aux Nicolaÿ au XIXe siècle, avant sa destruction. Gabriel de Nicolaÿ, dernier propriétaire, fit relever les décors par l’architecte Froelicher avant la vente aux enchères de 1860. Certains éléments, comme des statues ou des fontaines, furent dispersés dans des parcs parisiens (Bagatelle) ou des châteaux (Ferrières, Bizy).
Les vestiges architecturaux encore visibles, les pavillons des communs (nos 109 et 114 rue du Petit-Château), sont protégés depuis 1959 et 1966. Leur préservation rappelle l’importance historique de ce château, témoin de l’art décoratif français des XVIIe et XVIIIe siècles, aujourd’hui effacé par l’expansion industrielle de Paris. Les archives graphiques de Froelicher, conservées au Louvre et au château de Brissac, constituent les derniers témoignages visuels de sa splendeur passée.