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Frise chronologique
1422
Première mention du fief
Première mention du fief
1422 (≈ 1422)
Appartenait à Jehan Sac, bourgeois parisien.
1623-1635
Transformation par François Mansart
Transformation par François Mansart
1623-1635 (≈ 1629)
Rénovation complète commandée par Pierre IV Brûlart.
1648-1649
Lieu de la Fronde
Lieu de la Fronde
1648-1649 (≈ 1649)
Pomponne de Bellièvre y accueillit les conjurés.
1685
Achat par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés
Achat par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés
1685 (≈ 1685)
Devenu résidence d’été des abbés commendataires.
1737-1741
Restauration par Hardouin-Mansart de Sagonne
Restauration par Hardouin-Mansart de Sagonne
1737-1741 (≈ 1739)
Pour Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont.
1808
Début de la démolition
Début de la démolition
1808 (≈ 1808)
Vendu comme bien national pendant la Révolution.
1929
Classement du pavillon restant
Classement du pavillon restant
1929 (≈ 1929)
Inscrit aux monuments historiques le 10 avril.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon du 17s, incorporé dans l'immeuble : inscription par arrêté du 10 avril 1929
Personnages clés
| François Mansart - Architecte |
Transforma le château (1623-1635). |
| Pierre IV Brûlart - Propriétaire et commanditaire |
Fils de Nicolas, fit appel à Mansart. |
| Pomponne II de Bellièvre - Président du Parlement de Paris |
Accueillit les conjurés de la Fronde. |
| Hugues de Lionne - Ministre d’État et marquis de Berny |
Organisa des fêtes somptueuses jusqu’en 1671. |
| Louis de Bourbon-Condé - Comte de Clermont, abbé commendataire |
Vécut au château avec ses maîtresses (1737-1771). |
| Cardinal de Furstenberg - Abbé commendataire |
Fit redécorer le château et aménager le parc. |
Origine et histoire
Le château de Berny, situé à Fresnes dans l’actuel Val-de-Marne, fut une demeure aristocratique majeure du XVIIe siècle. Mentionné dès 1422 comme fief appartenant à Jehan Sac, bourgeois parisien, il passa aux mains de la famille Brûlart au XVIe siècle. Pierre III Brûlart, conseiller au Parlement de Paris, puis son fils Nicolas, chancelier de France, y firent des transformations mineures, dont certaines dirigées par Clément Métezeau. En 1623, Pierre IV Brûlart confia à François Mansart une rénovation complète, achevée vers 1635, qui marqua l’apogée architecturale du domaine.
Le château devint un lieu de pouvoir et de réceptions sous Pomponne II de Bellièvre, qui y accueillit les conjurés de la Fronde (1648-1649). En 1653, Hugues de Lionne, ministre d’État et marquis de Berny, y organisa des fêtes somptueuses jusqu’à sa mort en 1671. Son fils, Louis, vendit des orangers à Louis XIV et hébergea en 1685 les ambassadeurs du Siam, dont le passage endommagea partiellement les jardins. La même année, le domaine fut acquis par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui le transforma en résidence d’été pour ses abbés, dont le cardinal de Furstenberg, connu pour ses excès et ses aménagements luxueux.
Au XVIIIe siècle, Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, y vécut avec ses maîtresses, dont la danseuse Élisabeth Leduc, et y organisa des fêtes rivalisant avec celles de Sceaux. Il fit restaurer le château par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne et y installa un théâtre. Après sa mort en 1771, le domaine déclina. Vendu comme bien national pendant la Révolution, il fut démoli progressivement à partir de 1808. Aujourd’hui, il n’en subsiste qu’une aile nord, classée monument historique en 1929, intégrée à une résidence.
Le parc, loti en 1905, abritait autrefois des haras réputés pour leurs courses hippiques (1834-1893). Le château de Berny, bien que disparu, reste un symbole de l’art de vivre aristocratique des XVIIe et XVIIIe siècles, marqué par l’influence des Mansart et des fastes de la cour.
Parmi les divertissements célèbres, le théâtre du comte de Clermont accueillit des œuvres de Marivaux, Collé, et Blavet, mêlant opéras, comédies et parades. Des gravures de Claude de Chastillon et Israël Silvestre, ainsi que des plans des jardins traversés par la Bièvre, témoignent de sa splendeur passée.