Origine et histoire du Château de Bétange
Le château de Bétange, situé dans la commune de Florange (Moselle, Grand Est), trouve ses origines au XIXe siècle, après la destruction d’un précédent édifice en 1521 lors des conflits affectant la région. L’écart de Bétange, mentionné sous les formes Baitanges (1352) ou Bettingen (XVIIe siècle), était autrefois un arrière-fief de Florange, lié à la famille noble portant « de sable au lion rampant d’argent ». Le domaine actuel est reconstruit en 1828, puis profondément remanié (1856, 1927, Seconde Guerre mondiale), mêlant styles néo-classique et éclectique avec des matériaux locaux comme le calcaire jaune.
En 1834, le maître des forges Victor-François de Wendel acquiert le château, qui reste depuis dans sa descendance : les barons de Gargan, les comtes de Mitry, puis leur petite-fille Fani (depuis 2019). Le parc, dessiné « à l’anglaise » par Théodore de Gargan, est inscrit en 1993 pour ses éléments paysagers (pièces d’eau, bois, pavillon chinoisant) et sa clôture en fer forgé. Le château lui-même, avec ses distributions intactes des années 1920 (salles de réception, chambres bourgeoises, combles pour domestiques), est protégé en 2007.
Le site est aujourd’hui menacé par le projet d’autoroute A31 bis, dont deux tracés envisagés traverseraient l’allée des marronniers (56 arbres, labellisée Ensemble arboré remarquable). Une mobilisation associative (1 800 signatures en 2021) met en avant la biodiversité du parc, refuge pour 48 espèces protégées dont 12 chauves-souris, ainsi qu’un chêne quadricentenaire. La concertation sur les tracés, prévue en 2022, oppose préservation patrimoniale et enjeux de circulation transfrontalière vers le Luxembourg.
L’architecture du château reflète l’évolution des modes de vie de la haute bourgeoisie lorraine : sous-sols dédiés aux services, rez-de-chaussée orné de boiseries néo-XVIIIe pour les réceptions, étages réservés aux chambres et salles de bain. Les modifications successives (1927, Seconde Guerre mondiale) témoignent des adaptations aux contextes historiques, tandis que le parc, alimenté par le Mésing, incarne l’idéal paysager romantique du XIXe siècle.
La controverse autour de l’autoroute a révélé l’importance écologique du domaine : la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et la CPEPESC y ont recensé des espèces rares comme le grand rhinolophe, en voie d’extinction. Ces enjeux ont valu au site des labels Refuge pour les chauves-souris et Refuge pour les oiseaux, renforçant son statut de patrimoine vivant, à la fois historique, paysager et naturel.