Frise chronologique
1210
Premier fief attesté
Premier fief attesté
1210 (≈ 1210)
Quart de fief de Beuzeville mentionné.
1497
Rattachement à Hallebosc
Rattachement à Hallebosc
1497 (≈ 1497)
Baronnie associée au domaine.
1547–1588
Construction du château
Construction du château
1547–1588 (≈ 1568)
Débuté par Antoine de Scelles, achevé par René de Prie.
XVIIe siècle
Abandon seigneurial
Abandon seigneurial
XVIIe siècle (≈ 1750)
Plus habité par ses propriétaires.
14 avril 1930
Classement MH
Classement MH
14 avril 1930 (≈ 1930)
Façades et toitures protégées.
1948
Rapport de ruine
Rapport de ruine
1948 (≈ 1948)
Charpente et couverture effondrées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et du manoir : inscription par arrêté du 14 avril 1930
Personnages clés
| Antoine de Scelles - Commanditaire initial |
Lance la construction en 1547. |
| Madeleine de Ravenel - Épouse d'Antoine de Scelles |
Associée à la construction. |
| René de Prie - Gendre d'Antoine de Scelles |
Achève le château en 1588. |
| Paul-Tanguy de La Luzerne - Marquis de Beuzeville |
Élève la seigneurie en marquisat. |
| Philibert Delorme - Architecte potentiel |
Source d’inspiration supposée. |
Origine et histoire
Le château de Beuzeville-la-Grenier est une demeure Renaissance construite entre 1550 et 1588, aujourd’hui en ruine, située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie. Il se dresse sur un site autrefois occupé par un château fort, possession des seigneurs de Grenet puis d’une famille chevaleresque liée aux Auricher jusqu’à la guerre de Cent Ans. Le château actuel, attribué à Antoine de Scelles et son épouse Madeleine de Ravenel, est caractérisé par un corps de logis quadrangulaire flanqué de tourelles, en pierre de taille, inspiré peut-être par Philibert Delorme. Son architecture rappelle celle d’Azay-le-Rideau, avec des cheminées hautes et un comble en ardoise à forte pente.
Le domaine inclut un manoir des XVe–XVIe siècles, contigu au château, construit en silex et pierre, avec une tour et un escalier en vis. Le manoir, partiellement remanié lors de la construction du château, conserve des éléments médiévaux. Dès le XVIIe siècle, le château, transmis par alliances aux familles de Prie, Hautemer et La Mothe-Houdancourt, n’est plus habité par ses propriétaires. Au XVIIIe siècle, il sert de logement aux fermiers de la comtesse d’Hunolstein, avant que Paul-Tanguy de La Luzerne ne fasse élever la seigneurie en marquisat.
Classé monument historique en 1930 pour ses façades et toitures, le château est déjà en ruine au début du XXe siècle. En 1948, un rapport signale l’effondrement partiel de sa charpente et de sa couverture, ainsi que la disparition des menuiseries. Aujourd’hui, seuls les murs subsistent, tandis que des documents d’archives attestent de son état antérieur, incluant un portail en chaume. Le colombier et une étable datée de 1762 complètent l’ensemble domanial, témoin de l’évolution architecturale et sociale de la région.
L’inspiration Renaissance du château, combinée à ses éléments défensifs médiévaux (échauguettes, silex), illustre la transition entre moyen âge et époque moderne en Normandie. Son abandon progressif reflète les changements économiques et sociaux, comme la désaffection des résidences seigneuriales au profit de domaines agricoles. Les sources, dont les travaux de Pierre Dardel et Philippe Seydoux, soulignent son intérêt patrimonial malgré son état actuel.