Origine et histoire du Château de Beynac
Le château de Beynac, édifié dès le XIIe siècle par les barons de Beynac, servait à contrôler la vallée de la Dordogne, frontière stratégique pendant la guerre de Cent Ans. Son donjon roman carré, flanqué de défenses côté plateau (double enceinte, barbacane), illustre son rôle militaire. La forteresse, restée française face au château anglais de Castelnaud, fut divisée entre deux branches familiales de 1241 à 1379, avant d’être réunifiée.
Au XVIIe siècle, les appartements furent embellis de boiseries, plafonds peints et une cheminée Renaissance sculptée de bucranes. La salle des États du Périgord accueillait la noblesse des quatre baronnies locales. Le château abritait aussi un oratoire du XVe siècle orné de fresques (Pietà, saint Christophe) et de tapisseries représentant des scènes seigneuriales. La famille de Beynac s’éteignit en 1753, transmettant le domaine aux Beaumont, qui le conservèrent jusqu’en 1961.
En 1962, Lucien Grosso, entrepreneur marseillais, acquit le château aux enchères pour 170 000 francs et entreprit sa restauration avec son épouse Denise. Sans héritier, ils léguèrent le site en 1999 à Albéric de Montgolfier, sénateur passionné de patrimoine. Classé monument historique en 1944, le château attire aujourd’hui 125 000 visiteurs annuels (2022) et a servi de décor à des films comme Jeanne d’Arc (1999) ou Le Dernier Duel (2020).
Architecturalement, le château allie austérité médiévale (donjon crénelé, à-pic de 150 m sur la Dordogne) et raffinements Renaissance. Le quadrilatère irrégulier, protégé par une double enceinte, inclut un bastion en éperon et des logis remaniés aux XVIe–XVIIe siècles. À proximité, un bâtiment rectangulaire à deux étages, peut-être un ancien présidial, intrigue par son appareil régulier au dernier niveau, suggérant une salle d’apparat.
Les défenses extérieures (poterne, tourelles, terrasses) et les communs complètent l’ensemble. Le site domine le bourg de Beynac-et-Cazenac, en Dordogne, dans le Périgord noir, région marquée par les rivalités franco-anglaises. Les fresques et tapisseries conservées offrent un témoignage rare de la vie seigneuriale et religieuse au Moyen Âge.