Origine et histoire du Château de Beyzac
Le château de Beyzac, situé à Vertheuil en Gironde, est une demeure des XVIIIe et XIXe siècles, inscrite aux monuments historiques depuis 2006. Le site est occupé depuis l’Antiquité, comme en témoignent les vestiges gallo-romains découverts en 1814 lors de la plantation des vignes. Ces fouilles ont révélé une construction industrielle datée de cette époque, incluant des bassins, un four, et des objets comme des bronzes de Constantin et un carreau gravé « CVBVS MERVIA ». Les cartes de Cassini (1747) et de Belleyme (1785) mentionnent déjà le château, suggérant une existence ancienne.
Le château, probablement reconstruit ou remanié vers 1750 par la famille de Camiran, est décrit en 1771 comme un domaine viticole comprenant maison, chai, cuvier, vignes et terres. Pendant la Révolution, en 1793, il sert de prison sous la surveillance du comité de Lesparre. Le baron de Pichon-Longueville, maire de Pauillac, y est détenu, et le poète Romain Dupérier de Larsan y libère sa mère, évoquant le lieu dans son poème Les Verrous révolutionnaires. Vendu comme bien national en 1793, il est racheté par la veuve Camiran, puis passe entre les mains de plusieurs propriétaires au XIXe siècle, dont Jacques-Henri Wustenberg, député et négociant.
Au XIXe siècle, le château est profondément modifié, notamment dans les années 1860, avec l’ajout d’une rotonde et d’une façade ouest encadrée de pavillons. Après une période d’abandon au XXe siècle, où les intérieurs sont saccagés et le parc laissé à l’abandon, le domaine est racheté en 1998. Les nouveaux propriétaires restaurent partiellement le site et replantent les vignes environnantes. Aujourd’hui, le château, avec son pigeonnier, reste une propriété privée protégée, témoin des évolutions architecturales et historiques du Médoc.
Les fouilles de 1814 ont révélé un rare exemple de bâtiment industriel gallo-romain en Gironde, avec des fondations en forme de parallélogramme (40 m x 7,50 m), des bassins carrelés, et un four creusé dans la roche. Ces découvertes, associées aux objets retrouvés (bronzes, carreau gravé), attestent d’une occupation ancienne du site, bien avant la construction du château actuel. La carte de Belleyme (1785) confirme son existence avant la Révolution, période durant laquelle il joue un rôle politique et carcéral.
Architecturalement, le château présente un plan rectangulaire précédé d’une cour encadrée de communs, fermée par une grille à l’est. La façade ouest, ornée de deux pavillons carrés, domine une terrasse et une rotonde à pans coupés ajoutée au XIXe siècle. À l’intérieur, un escalier en fer forgé, probablement reconstruit lors des modifications du XIXe siècle, illustre les transformations successives du bâtiment. L’inscription aux monuments historiques en 2006 protège aujourd’hui ce patrimoine, mêlant héritage antique, révolutionnaire et viticole.