Frise chronologique
1329
Première mention du château
Première mention du château
1329 (≈ 1329)
Hommage des Gramont aux rois de Navarre.
1523
Incendie par Charles Quint
Incendie par Charles Quint
1523 (≈ 1523)
Destruction partielle en représailles.
1565
Visite de Charles IX et Catherine de Médicis
Visite de Charles IX et Catherine de Médicis
1565 (≈ 1565)
Réception fastueuse pendant leur tour de France.
1639–1642
Construction du pavillon sud-est
Construction du pavillon sud-est
1639–1642 (≈ 1641)
Travaux dirigés par Louis de Mihet.
1793
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Devenu bien national, hôpital militaire.
1796
Second incendie
Second incendie
1796 (≈ 1796)
Ruines définitives du château.
1942
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1942 (≈ 1942)
Protection des ruines et dépendances.
2003
Bail emphytéotique à la communauté de communes
Bail emphytéotique à la communauté de communes
2003 (≈ 2003)
Début des travaux de consolidation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du château : classement par arrêté du 6 mai 1942 - Les écuries voûtées ; les façades et toitures des deux pavillons terminaux : inscription par arrêté du 19 novembre 1942 - En totalité, l'ensemble des éléments constitutifs des ouvrages défensifs du château, de ses dépendances, et des aménagements de parc et jardins (murs de clôture, rampe, terrasses, allées, pont, bosquet, parcelles diverses) (cad. AE 47 à 49, 53, 527 à 530 ; ZE 55, 75, 76, 94 à 96) : inscription par arrêté du 3 septembre 2012
Personnages clés
| Antoine Ier de Gramont - Seigneur de Bidache (XVIe siècle) |
Accueillit Catherine de Médicis en 1565. |
| Diane d’Andoins (Corisande) - Comtesse de Guiche, muse d’Henri IV |
Figure romantique du château. |
| Antoine III de Gramont - Maréchal de France, ambassadeur |
Transforma Bidache en palais (XVIIe). |
| Louis de Mihet - Architecte du Roi |
Dirigea les travaux Louis XIII. |
| Antoine VII de Gramont - Dernier duc sous la monarchie |
Délaisse le château avant 1796. |
| Cardinal Mazarin - Ministre de Louis XIV |
Négocia le traité des Pyrénées à Bidache (1659). |
Origine et histoire
Le château de Bidache, mentionné dès 1329 comme propriété des seigneurs de Gramont, fut initialement une forteresse médiévale détruite en 1523 par les troupes de Charles Quint en représailles à l’échec de Bayonne. Rapidement reconstruit avec des ajouts Renaissance, il conserva des éléments défensifs médiévaux comme trois grosses tours rondes. La famille de Gramont, puissante lignée navarraise puis française, en fit sa résidence principale, y recevant des figures royales comme Charles IX et Catherine de Médicis en 1565, ou Henri IV en 1587.
Au XVIIe siècle, sous l’impulsion d’Antoine II et III de Gramont, le château fut transformé en palais inspiré de l’architecture Louis XIII, avec des jardins en terrasses et une bibliothèque de 1 000 volumes. L’architecte Louis de Mihet, ingénieur du Roi à Bayonne, dirige les travaux, dont le pavillon sud-est (1639–1642) et le grand escalier (1650–1654). Le château devint un lieu diplomatique majeur, accueillant Mazarin en 1659 pour les négociations du traité des Pyrénées. Son apogée coïncida avec la création de la principauté souveraine de Bidache, symbolisée par des réceptions fastueuses et une cour raffinée.
Deux incendies marquèrent son déclin : le premier en 1523, où 300 soldats périrent dans les flammes, le second en 1796, pendant la Révolution, réduisant le château en ruines. Confisqué comme bien national en 1793, il servit brièvement d’hôpital militaire avant d’être abandonné. Au XIXe siècle, le maréchal Soult fit abattre des parties du château (1814), et les ruines furent classées Monument Historique en 1942. Depuis 2003, la communauté de communes du Pays de Bidache en assure la gestion et la valorisation, organisant des événements comme les Historiques de Bidache, festival de reconstitutions historiques devenu l’une des plus belles fêtes de France.
Le château conserve des éléments remarquables : la Rondache (tour cylindrique médiévale), les écuries voûtées, et les façades des pavillons terminaux (XVIIe siècle). Les jardins, autrefois étagés sur trois terrasses avec parterres et escaliers de pierre, sont partiellement restaurés. La chapelle, aménagée dans la base du donjon au XVIIe siècle, et la bibliothèque ducale (détruite) témoignent de son passé intellectuel. Aujourd’hui, les ruines imposantes, toujours propriété de la maison de Gramont, offrent un cadre exceptionnel pour des animations culturelles et patrimoniales.
La famille de Gramont, originaire des vicomtes de Dax, joua un rôle politique majeur en Navarre puis en France. Figures marquantes comme Antoine III (maréchal de France, ambassadeur) ou Diane d’Andoins (la Corisande, muse d’Henri IV) y vécurent. Le château fut aussi le théâtre de drames familiaux, comme l’assassinat de l’écuyer Marsilien par Antoine Antonin II après avoir surpris son épouse en adultère. Les Gramont, ducs et pairs de France sous Louis XIV, délaissèrent progressivement Bidache au XVIIIe siècle, accélérant son déclin.
Classé parmi les châteaux pyrénéens emblématiques, Bidache illustre l’évolution architecturale des forteresses médiévales en palais Renaissance, puis en ruines romantiques. Les fouilles et consolidations récentes (2005–2012) ont permis de stabiliser les vestiges, tandis que des manifestations comme les Historiques (depuis 2022) redonnent vie à ce patrimoine. Le site, ouvert au public, abrite aussi un marché artisanal mettant en valeur les savoir-faire locaux, perpétuant son lien avec la communauté bidachote.