Origine et histoire du Château de Billy
Le château de Billy, situé dans le département de l’Allier en Auvergne-Rhône-Alpes, est une ancienne forteresse fondée au XIIIe siècle, remaniée au XIVe siècle et modifiée à la Renaissance. Bâti sur un mamelon calcaire entre deux affluents de l’Allier, il incarne l’architecture militaire « philippienne », typique des châteaux construits sous l’influence de Philippe Auguste. Ses vestiges, aujourd’hui protégés, comprennent une enceinte polygonale flanquée de tours semi-circulaires, un donjon cylindrique, et une basse-cour ovale. Le site, stratégique, domine la vallée et offre un panorama sur le val d’Allier.
La forteresse est liée à l’ascension des sires de Bourbon, qui en firent l’acquisition en 1232 auprès d’Hugues de Colombie. Intégré au duché de Bourbon, le château devint le siège d’un bailliage royal, puis d’une châtellenie couvrant jusqu’à 62 paroisses à son apogée (XVe–XVIe siècles). Il symbolisait la rivalité entre les Bourbons et les comtes d’Auvergne, vassaux des rois d’Angleterre. Parmi ses châtelains célèbres figure Pierre, bâtard de Bourbon (1471–1488), fils du duc Charles Ier, reflétant l’importance administrative et militaire du site.
Le déclin du château débuta au XVIe siècle, marqué par les guerres de Religion. En 1576, il fut assiégé et endommagé par les protestants menés par le prince de Condé, perdant son rôle central. Au XVIIe siècle, Henri IV le donna en gage à des financiers comme Sébastien Zamet, avant qu’il ne serve de prison jusqu’en 1790. Abandonné au XIXe siècle, il fut racheté par la commune en 1963. Aujourd’hui, ses ruines, classées monument historique (1921, 1929), accueillent des animations touristiques.
L’architecture du château mêle des éléments défensifs du XIIIe siècle (tours circulaires, archères) et des ajouts ultérieurs, comme le châtelet d’entrée (XIVe siècle) ou une tour de guet octogonale (XVe siècle). La haute cour, ceinte de courtines, abritait autrefois des logis, une chapelle et des écuries, dont subsistent des traces. La basse-cour, en contrebas, était protégée par une enceinte et une capitainerie (XVe siècle). Les fouilles archéologiques ont révélé des occupations variées, confirmant son double usage : forteresse militaire et résidence seigneuriale.