Origine et histoire
Le château de Biron, situé dans le département de la Dordogne en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice emblématique du Périgord pourpre. Fondé au XIIe siècle, il fut le siège d’une des quatre baronnies majeures de la région, aux côtés de Beynac, Bourdeilles et Mareuil. Construit sur une butte rocheuse dominant la vallée de la Lède, il combine des éléments défensifs médiévaux et des aménagements résidentiels des XVIe et XVIIe siècles, reflétant les transformations architecturales et politiques de ses propriétaires successifs, les Gontaut-Biron.
Les origines du château remontent à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, selon les données archéologiques. Au XIIe siècle, sous l’influence d’Henri Plantagenêt, les seigneurs de Biron érigent une tour imposante avant d’abandonner le site à leurs descendants, les Gontaut-Biron, qui le transforment profondément. Le château est alors ceinturé de courtines et de tours, tandis que le bourg adjacent est fortifié. Son histoire est marquée par des conflits, comme sa prise par les Albigeois en 1211, puis sa reprise par Simon de Montfort, qui y fait exécuter le mercenaire Martin Algais.
Au XVe siècle, après des saccages par les Anglais, Pons de Gontaut-Biron († 1524) restaure la forteresse en une demeure confortable et érige une chapelle double, sanctuaire dynastique abritant les tombeaux familiaux. Son fils, Armand de Gontaut-Biron (1524–1592), maréchal de France et soutien des Valois, poursuit les transformations, mais son fils Charles, exécuté sous Henri IV, interrompt les travaux. Le château, modernisé au XVIIIe siècle, subit les ravages de la Révolution avant d’être racheté au XIXe siècle par la branche Saint-Blancard des Gontaut, puis par le département de la Dordogne en 1978 pour être restauré.
Le château se distingue par son donjon du XIIe siècle, sa chapelle à deux étages (1515), ses appartements Renaissance et son grand escalier du XVIIIe siècle. La « salle des États de Guyenne », longue de 20 mètres, et les cuisines voûtées témoignent de son importance politique et domestique. Classé monument historique en 1928, il abrite aussi des jardins et un parc inscrits en 1992, incluant des terrasses, un vivier et des fontaines. Aujourd’hui ouvert au public, il accueille expositions, spectacles et tournages, comme ceux des Visiteurs 2 (1998) ou de Fortune de France (2024).
La famille de Gontaut-Biron, propriétaire jusqu’en 1939, a marqué l’histoire du château. Guillaume de Gontaut (1859–1939), dernier marquis, aurait inspiré le nom du célèbre marché aux puces de Saint-Ouen. Anne-Charles de Gontaut (°1963) en est l’actuel porteur du titre. Après des dégâts causés par un orage en 1974, le département entreprend une restauration majeure, soutenue par l’association des Amis du château et Béatrice Gonzalez de Andia, apparentée aux Gontaut-Biron. En 2012, des travaux de rénovation de la charpente (2,3 millions d’euros) confirment son statut de patrimoine vivant.
Le château de Biron illustre les vicissitudes d’un édifice médiéval devenu symbole de pouvoir et de culture. Ses murs ont vu défiler rois, seigneurs et artistes, tandis que ses salles abritent aujourd’hui des œuvres disparues, comme une Mise au tombeau et une Pietà vendues au Metropolitan Museum of Art. Copies 3D et expositions perpétuent son héritage, attirant 53 000 visiteurs en 2022. Entre histoire et modernité, Biron reste un joyau du Périgord, témoin des luttes religieuses, des fastes de la Renaissance et des défis de la préservation patrimoniale.